Martre des pins, mammifère familier de nos forêts

Cousine de la fouine, la martre des pins est un mammifère commun de nos forêts qui n'est pas un nuisible.

Lyna Boussena

Chargée de marketing
Martre des pins, mammifère familier de nos forêts

Ressemblant beaucoup à la fouine, la martre des pins est plus sauvage et ne s’approche généralement pas des habitations. Elle a toutefois longtemps été chassée pour sa fourrure et parce qu’on croyait qu’elle ne dédaignait pas quelque festin de poules, à l’image de sa cousine la fouine. Mais si elle a longtemps été considérée comme un nuisible, c’est également un prédateur de nombreux rongeurs qui font du mal aux cultures. Apprenons à la reconnaître.

Caractères descriptifs de la martre des pins

Martes martes est un petit mammifère carnivore de la famille des mustélidés, de la taille d’un gros chat, qui vit dans les forêts mixtes et dans les bois de conifères d’une grande partie de l’Eurasie. En France, si sa population est plus nombreuse dans l’est du pays, elle est néanmoins installée dans toutes les régions, y compris la Corse
De pelage brun, elle a les pattes et la queue plus foncées que le reste du corps et, contrairement à la fouine, une bavette d’un seul tenant (quand celle de la fouine est bilobée) et jaune orangé, tandis que celle de sa “cousine” est blanche. 
Celle que l’on appelle également martre commune, martre vulgaire, martre ordinaire voire, localement, marte, mesure de 51 à 56 cm de long pour le mâle, de 46 à 57 pour la femelle, avec une queue de 17 à 28 cm. Le mâle peut peser plus de 2 kg tandis que la femelle pèse de 750 grammes à 1,2 kg. 
Entre juin et août arrive la période de rut. La parade nuptiale peut s’étaler durant 15 jours et l’accouplement durer 90 minutes. Ensuite, par un phénomène de diapause embryonnaire, les œufs fertilisés cessent leur développement et l’implantation dans la muqueuse utérine n’a lieu que 220 à 240 jours après l’accouplement
Généralement, la femelle met bas dans la cavité d’un arbre vieux ou mort. En moyenne, une femelle donne naissance à trois petits qu’elle allaite durant 45 jours entre avril et mai. Ceux-ci se disperseront avant l’automne. 

Comment différencier la martre de la fouine ?

On confond souvent martre et fouine, car ces deux mustélidés sont physiquement assez proches. Leur comportement, en revanche, diffère, car la martre s’aventure très rarement auprès des habitations humaines, contrairement à la fouine. La martre est plus sauvage. 
Au physique, toutes deux ont un corps longiligne et une queue longue et touffue mais martes foina est de couleur gris-brun avec un cou blanc. Ses oreilles sont pointues et sa truffe légèrement rosée. La martre est plus poilue que la fouine sur les pattes.
Avant que Linné ne la décrive en 1758, la martre était confondue avec la fouine. Le nom de l’espèce Martes serait un dérivé latinisé de la langue des francs.

Habitat et alimentation de la martre

La martre vit essentiellement dans les forêts de résineux ou les forêts mixtes, avec une prédilection pour les massifs montagneux et les forêts de l’est de la France. Il est très rare de la rencontrer dans des zones ouvertes ou des clairières. Elle est peu présente sur les pourtours méditerranéens ainsi que dans le nord de la France. 
Elle aime nicher dans les arbres, à plus de deux mètres de hauteur, à la saison chaude et trouve dans les cavités d’arbres sénescents, les amas de lierre, les fourches de branches et les nids d’autres espèces (oiseaux, écureuil roux), des gîtes temporaires tout à fait convenables. Ainsi les vieux arbres et les arbres morts sur pied ont-ils une utilité primordiale pour cette prédatrice de nombre de petits mammifères, de nombre de rongeurs (campagnols, mulots, lapins, écureuils) mais aussi musaraignes, oiseaux, oeufs de merles, de grives, de pics, de mésanges, de pigeons, de pinsons et encore quelques chauves-souris ainsi que des amphibiens (grenouilles, crapauds et salamandres). 
Opportuniste, elle adapte son régime alimentaire en fonction des saisons et de l’abondance de nourriture, si bien qu’il lui arrive de manger des cadavres d’animaux, mais aussi des insectes (bourdons, scarabées et carabes), ainsi que des fruits sauvages en été et en automne. 
L’hiver, ses gîtes sont principalement au sol, dans des pierriers et sous la végétation, notamment sous les ronciers. Le domaine vital du mâle est bien plus vaste que celui de la femelle, 150 hectares en moyenne contre 30. Comme la plupart des animaux sauvages, elle est surtout active au crépuscule et la nuit, mais adapte son comportement en hiver pour chasser le jour. 

La martre des pins est-elle nuisible ?

Longtemps chassée pour sa fourrure (ses poils servaient à la fabrication des pinceaux de peintres), elle n’est plus considérée comme nuisible mais placée au rang des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts, ce qui signifie qu’elle peut être chassée et piégée toute l’année par arrêté préfectoral établi à l’échelon départemental. Mais dans les faits, sa population étant en baisse constante, elle est de moins en moins chassée, certains pays européens ayant même mis en place des programmes de réintroduction. En France, depuis 2014, la martre n’est plus considérée comme une espèce nuisible. Dans d’autres pays, comme l’Irlande, elle est un prédateur efficace contre l’écureuil gris qui est une espèce exotique envahissante. 
La chasse, le piégeage, l’empoisonnement ont été des facteurs déterminants dans la diminution du nombre d’individus mais la fragmentation des espaces et le trafic routier en sont aussi des causes notables. Favoriser l’essor de nos forêts, c’est aussi favoriser la vie de la martre des pins.