Pinson des arbres, oiseau commun de nos forêts

Le Pinson des arbres est un oiseau aux couleurs bariolées, partiellement migrateur, que l’on trouve communément dans nos forêts.

Elodie Léon

Chargée de partenariats entreprises
Pinson des arbres, oiseau commun de nos forêts

Protégé comme tous ses compères passereaux, le pinson des arbres n’est toutefois pas menacé, bien abrité qu’il est par les forêts. Il est même le représentant le plus présent et le plus nombreux des trois espèces de pinsons.

Dans la famille des Fringilles, je demande le Pinson des arbres

Il peut être compliqué de se retrouver dans les ramifications de l’arbre généalogique des oiseaux. On considère qu’il existerait aujourd’hui environ 11 000 espèces différentes de dinosaures aviens, plus communément appelés oiseaux. Quant au nombre d’individus de type piaf qui chantent pour vos belles oreilles, les estimations se contredisent et se mélangent, mais il faut avouer qu’au-delà de plusieurs dizaines de milliards, il devient difficile de compter. 
Quoi qu’il en soit, une chose est sûre, c’est que les passereaux représentent l’ordre le plus nombreux de toutes les espèces d’oiseaux (plus de la moitié de toute la classe) et que notre joli pinson appartient justement à cette classe. 
Le Pinson des arbres est donc un passereau commun, de taille petite à moyenne, qui lui octroie le privilège de rejoindre la famille des Fringillidés, une famille qu’il partage avec le Bec-croisé des sapins, le Gros-bec casse-noyaux, mais encore une flopée d’Organistes (à capuchon, à calotte jaune, à ventre brun, à sourcils jaunes, j’en passe et des meilleurs), une tripotée de Roselins, quantité de Serins, de Tarins, de Verdiers, de Linottes, et je ne vous parle pas des Grimpeurs, des Grands-verdiers, des Bouvreuils et des Chardonnerets…
Dans cette famille, le plumage est très variable et généralement haut en couleurs. Le bec court et conique est conçu pour casser la graine, ce qui n’empêche pas ces innombrables compères de se nourrir tout aussi habilement d’insectes, de larves, voire même de fruits. Dans la famille des Fringilles, le maître-mot est adaptation : c’est ainsi que l’on survit et que l’on continue de coloniser l’espace tandis que d’autres, plus fragiles, se font porter pâle.

Où vit le Pinson des arbres ?

Comme son nom l’indique, le Pinson des arbres, que certains amateurs ont l’outrecuidance de confondre avec le Pinson du Nord, est essentiellement arboricole. Espèce typiquement forestière, elle sait toutefois s’adapter à son environnement et coloniser des milieux ouverts s’ils lui sont propices. C’est toutefois la forêt qui lui assure la sécurité et le refuge, et grâce à elle qu’il subsiste en si grand nombre. En effet, ses comparses des champs ont davantage maille à partir avec l’activité humaine, les prédateurs domestiques, l’urbanisation, la pollution et les néonicotinoïdes empoisonneurs
Mais les pinsons des arbres, bien qu’aimant par-dessus tout les faînes de hêtres, les graines d’érables, de bouleaux, d’aulnes et de résineux, les bourgeons, les baies et fruits sauvages, les larves d’insectes et les chenilles, ne snobent pas, en période de reproduction, quelques bons repas de graines céréalières, notamment de colza, qui peuvent leur être fatals. 
Largement inféodé aux bois de conifères en plaine et jusqu’en moyenne montagne, le Pinson des arbres fréquente aussi largement les forêts claires, leurs lisières et leurs clairières, ainsi que les landes, les taillis, les vergers, bosquets, parcs et jardins. En Afrique du Nord, où il vit aussi, il aime les forêts de chênes-lièges, de cèdres, de pins d’Alep, de thuyas, de noyers, de genévriers et les oliveraies
Il niche en haut d’arbres branchus, dans une fourche ou à même la branche, composant son nid de mousse, de fibres végétales et de radicelles, enrubannées de toile d’araignée. C’est à la femelle pinson que revient la conception du nid au début du printemps, tandis que Monsieur pinson défend le territoire avec ardeur, tout le jour durant. La femelle pond 4 ou 5 œufs bleus tachetés dont elle assurera la couvée jusqu’à 14 jours. Les petits naissent recouverts de duvet gris et s’envoleront au bout d’une quinzaine, après avoir été amplement nourris d’arthropodes par leurs géniteurs. Alors, ceux-ci se mettront en devoir d’assurer une deuxième nichée. 

Comment reconnaître le Pinson des arbres ?

Maintenant que vous savez à peu près l’essentiel sur cet oiseau au comportement grégaire, excepté en période de reproduction, et qui est un migrateur partiel, restant toute l’année au même endroit s’il peut, mais migrant quand il fait ses petits au Nord de l’Eurasie - et alors, il faut les voir, ces migrants de la première heure, piaillant à qui mieux-mieux, battant des records de nombre, se regroupant sans peine à plusieurs milliers pour partir se prélasser au Sud l’hiver approchant. Maintenant donc, que vous savez tout cela, voyons comment le reconnaître, ce fameux piaf.
Le mâle adulte porte une robe bariolée aux couleurs étincelantes quand est venu le temps pour lui de se trouver une femelle. Son manteau et le haut de son dos sont d'un brun-marron chaud et la tête d'un gris-ardoise bleuté, excepté le front qui est noir et l'ensemble "lores, joues et couvertures auriculaires" châtain. Le bec est gris bleuté. Deux larges barres blanches séparées de noir ornent ses couvertures alaires. 
Les rémiges sombres sont ourlées de jaune. Le croupion et les sus-caudales sont de couleur olive. La queue sombre montre du blanc aux deux paires de rectrices externes. Les parties inférieures sont d'un rose vineux prononcé, avec parfois une nuance roussâtre. Le bas ventre et les sous-caudales sont blancs. Les pattes sont rosâtres. En hiver, les couleurs sont atténuées et c'est l'usure du plumage qui fera apparaître les belles couleurs sous-jacentes pour la parade nuptiale.
Le plumage de la femelle est nettement moins tape à l'œil. Le manteau est d'un brun terne, la tête et le dessous d'un beige nuancé de gris, exceptées les sous-caudales qui sont blanches. La calotte est plus sombre, avec souvent une ligne médiane plus claire. L'œil est cerclé de blanc. Son bec est gris rosâtre. Les barres alaires sont blanches mais plus ternes et le croupion verdâtre lui aussi. C'est ce qui lui permet de se différencier de la femelle du moineau domestique à laquelle elle ressemble par ailleurs beaucoup.
Le juvénile est encore plus terne que la femelle. Il a une tache pâle sur la nuque.