Le bec-croisé des sapins a besoin des résineux pour vivre

Le bec-croisé des sapins est un oiseau aux drôles de couleur de perroquet, qui vit principalement dans les forêts de conifères dont il se nourrit des fruits.


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Le bec-croisé des sapins a besoin des résineux pour vivre

Bel oiseau aux couleurs chamarrées à la manière des perroquets, le bec-croisé des sapins porte mieux le rouge et le jaune que son nom un peu trompeur. Car si ses mandibules croisées lui permettent d’extraire habilement les graines des conifères, il fréquente aussi bien les pins que les sapins.

Bec-croisé des sapins, un oiseau répandu dans nos forêts de conifères

Cet oiseau typique des forêts de conifères n’est pas menacé, sinon par la disparition des vastes forêts de pins et de sapins où il trouve l’essentiel de sa nourriture. En effet, le bec-croisé des sapins n’a pas son pareil pour extraire les graines des conifères et s’en nourrir. Il ne dédaigne pas, de temps en temps, quelque festin de graines de feuillus : érables, bouleaux, ormes, aulnes, hêtres, de pucerons ou de chenilles, mais pour l’essentiel, ce qu’il aime, ce sont les grandes pessières artificielles et les fruits qu’elles lui donnent. 
Preuve qu’il faut de tout pour faire un monde et que les résineux ont un rôle essentiel à jouer pour la biodiversité, cet oiseau, que l’on est content de rencontrer du Nord-Est de la Chine à l’extrême Sud-Est de la Russie, dans toute l’Europe, l’Amérique du Nord et une partie du Maghreb, sous la forme de 22 sous-espèces dont certaines endémiques comme la sous-espèce Corsicana sur l'Île de Beauté, se trouve bien même dans des plantations d’épicéas en monoculture. 
Cela ne signifie évidemment pas qu'il faille privilégier ce mode de plantation, d’autant moins que le bec-croisé des sapins pourrait être lui aussi victime des plantations en monoculture. En effet, les grandes plantations d’épicéas souffrant des attaques de scolytes typographes sont menacées de disparition, menaçant alors le garde-manger de l’oiseau. Heureusement, celui-ci s’adapte bien et sait déménager quand la nourriture ne lui est plus assez abondante. 
Mis à part les épicéas, il affectionne encore les forêts de pins de type pins noirs, pins sylvestres, pins d’Alep mais encore les plantations de conifères exotiques de l'étage collinéen, de type épicéa de Sitka.

Comment reconnaître un bec-croisé des sapins ?

L’originalité de cet oiseau est, comme son nom l’indique, d’avoir un bac asymétrique dont les deux parties se croient à l'extrémité. Cette adaptation morphologique permet à Loxia curvirostra de la famille des fringillidés, d’extraire, à l’aide de sa langue, les graines de cônes de conifères. 
Présentant un fort dimorphisme sexuel, le mâle est rouge brique sauf sur les ailes, tandis que la femelle a un plumage cryptique, comme on dit de cette couleur qui a pour objet de rendre l’oiseau à peu près invisible dans son milieu naturel.
C’est au croupion que le mâle a le plumage le plus vif et il en est de même chez la femelle dont le plumage jaune verdâtre est jaune vif sous la queue. Mais certaines femelles sont même plutôt grises de plumage avec des ailes et une queue brunâtre et sans barre alaire. Dans tous les cas, la queue est courte et fourchue.
Quant à l’oiseau juvénile, on le reconnaît à son plumage froid et sans couleur, largement tacheté de brun, à son bec plus pâle.
Pour ce qui est de la voix, le bec-croisé des sapins pousse un cri bas et sonnant que l’on note ‘tiup”, ce qui ne donne qu’une vague idée de ce son caractéristique qu’il peut répéter longuement sur un ton un peu monotone, dont on se fera une idée plus précise en se rendant silencieusement dans une forêt de résineux.

Comportement et reproduction du bec-croisé des sapins

En Europe, le mal nommé bec-croisé des sapins se nourrit principalement des fruits de l’épicéa (Picea abies). A l’aide de ses pattes et de son bec, il s’agrippe aux rameaux à la manière du perroquet pour s’attaquer aux cônes. A la suite d’un effort herculéen pour une si petite bête, ayant arraché le cône à sa branche, il l’emporte sur une autre branche où, bien installé, il se met en demeure d’en extraire les graines, opérant du bas au haut du cône, méticuleusement, ouvrant les écailles avec son bec et récupérant la graine avec la langue.
Nomade, il se déplace en fonction de la nourriture présente et peut, toujours en petit groupe, quitter un territoire s’il n’y trouve plus assez à manger. Il se reproduit à peu près à n’importe quelle période de l’année, pourvu que la nourriture soit abondante
Alors, la femelle construit un nid composé de brindilles sur la branche haute et solide d’un conifère, souvent à la fourche d’une grosse branche, elle le tapisse de poils, de plumes et de mousses avant d’y déposer trois ou quatre œufs blancs teintés de vert, tachés de brun au gros bout. Après deux semaines d’incubation au cours desquelles le mâle nourrit la femelle par régurgitation, les poussins sortent et sont nourris par leur père pendant cinq jours. Puis, la femelle prend le relai et, au bout de trois semaines, ils peuvent quitter leur nid, bien que toujours nourris par leurs parents. 
Le réchauffement climatique, qui fragilise les peuplements de conifères, est le principal ennemi du bec-croisé des sapins.