Ces essences d’arbres qui ont été introduites en Europe

Des essences d'arbres, feuillus et conifères, ont été introduites en Europe, aux XVIIIe et XIXe siècles.

Vianney Passot

Secrétaire général
Ces essences d’arbres qui ont été introduites en Europe

La dernière période de glaciation s’est achevée environ 10 000 ans avant notre ère. Dès lors, des essences pionnières ont peu à peu colonisé l’Europe, du sud au nord. Feuillus et conifères ont formé les paysages que nous connaissons aujourd’hui. Mais pas seulement. L’homme y a aussi contribué de différentes manières. Notamment par l’introduction d’essences exotiques, principalement aux XVIIIe et XIXe siècles. En voici quelques-unes.

Après la fonte des glaces, les espèces pionnières qui ont poussé sur le continent européen furent principalement le pin sylvestre, les bouleaux et le noisetier. Au début du néolithique, la végétation européenne était typiquement celle de la taïga. L’épicéa, qui est une essence montagnarde, s’est développé dans le massif alpin, les Carpates et les Balkans. Peu à peu, cette végétation pionnière a été repoussée vers le nord et l’est par les forêts de feuillus (hêtre et chêne, principalement), qui étaient mieux adaptées aux conditions écologiques (climat et sol) de l’Europe occidentale et continentale, et plus compétitives. Dans la Grèce antique, on ne connaissait pratiquement que le chêne vert. En indo-européen, son nom était aussi le terme générique pour l’arbre. Aujourd’hui, nous constatons que sous l’effet du réchauffement climatique, son aire de répartition s’étend toujours plus au nord.

Résineux d’Amérique et d’ailleurs

Lors de leurs expéditions, les explorateurs naturalistes, Tournefort, La Pérouse, Darwin, Bougainville, Douglas, notamment, ramenèrent des échantillons de plantes et d’arbres. C’est de cette époque que l’on doit l’introduction de nombreuses espèces exotiques chez nous.

Le thuya

Le thyua a été introduit en 1850. Il provient d’Amérique du Nord, où on l’appelle arbor vitae, soit l’arbre de vie. Au Canada, il est appelé cèdre et on vend son bois sous la dénomination commerciale de red cedar. On dit que Jacques Cartier en avait déjà rapporté des spécimens au XVIe siècle, mais les registres ayant été perdus, il aura fallu attendre le XXe siècle pour connaître leur origine.

Le séquoia

Le séquoia provient de la côte ouest américaine d’où il a été introduit en 1853 et répandu dans une grande partie du monde.

Le cèdre de l’Atlas

 Arrivé du Maroc autour des années 1840-1850, c’est le botaniste Adrien Sénéclauze qui a introduit le cèdre de l'Atlas en France.

Le cèdre du Liban

Le cèdre du Liban, lui, a été introduit beaucoup plus tôt par les Croisés (dès le XIIe siècle).

Le cryptoméria

Le cryptoméria est aussi appelé cèdre du Japon, d’où il nous est arrivé en 1842.

L’araucaria

L'araucaria vient du Chili. Il doit son nom à l’Araucanie, une des régions du sud du pays dont le français Antoine de Tounens s’était proclamé roi en 1860. D’après les restes fossilisés, on sait que cet arbre existe depuis des millions d’années. Il a été introduit en Angleterre en 1864, avant de se répandre en Europe où il servit longtemps d’arbre d’ornement avant de tomber en désuétude.

Le Douglas

Le sapin de Douglas, qui connaît un franc succès en sylviculture, vient de la côte ouest américaine d’où le botaniste écossais David Douglas l’a ramené en Europe, dès 1827. Il ne fut introduit en France qu’en 1842.

Le mélèze du Japon

Le mélèze du Jaon a été introduit en Europe en 1861.

Le pin Weymouth

En provenance du Canada, le pin Weymouth a été introduit en Europe en 1850.

Feuillus d’Amérique

Les deux essences de feuillus les plus connues et qui se sont le mieux adaptées à notre climat sont :

Le chêne rouge d’Amérique

Le chêne rouge d'Amérique une espèce apparue il y a plus de 7 millions d’années, qui fut introduite en Europe dès 1724.

Le robinier faux-acacia

Il doit son nom à Jean Robin, botaniste du roi de France Henri IV, qui l’introduisit en France. Celui-ci avait reçu, à la toute fin du XVIe siècle, des graines en provenance des Appalaches d’un naturaliste britannique. Le premier spécimen français de robinier faux-acacia issu de ces graines a été planté en 1601 à l’emplacement de ce qui est désormais la Place Dauphine. Le fils de Jean Robin transplanta des rejets qui ont donné naissance à deux arbres qui existent encore à Paris : l’un au square René Viviani, où il est le plus vieil arbre de Paris (1601). L’autre au Jardin des Plantes (1636).