Comment EcoTree calcule le stockage du carbone dans ses forêts

Notre rôle, comme forestiers, est d’abord de soigner les arbres, mais aussi de contribuer au stockage de CO2 de l'atmosphère.

Pierre-François Dumont Saint Priest

Directeur Général Délégué
Comment EcoTree calcule le stockage du carbone dans ses forêts

Nous sommes d’abord des forestiers, ce qui signifie que le soin apporté aux arbres et aux écosystèmes forestiers est notre première tâche. Mais le rôle des forestiers est aussi de contribuer à une filière économique importante et aux enjeux climatiques actuels, en contribuant au stockage du CO2 de l’atmosphère. Voici de quelle manière nous quantifions le carbone séquestré et stocké par nos forêts.

Des itinéraires sylvicoles vérifiés par des experts forestiers indépendants

Combien de CO2 peut absorber une forêt, c’est une question qui mérite d’être étudiée sous tous ses angles. Pour pouvoir répondre à cette question, il faut d’abord définir des itinéraires sylvicoles types. Un itinéraire sylvicole définit les interventions sylvicoles successives (prélèvements et travaux) à réaliser pour atteindre un objectif fixé dans un contexte donné.
Il faut donc prendre en compte plusieurs paramètres qui sont les différentes essences d’arbres de la forêt, les différents types de gestion de la forêt (futaie régulière avec objectif de régénération naturelle, futaie irrégulière, taillis…) et la classe de fertilité de la forêt (qui permet de savoir, suivant les caractéristiques de la station (sol, pluviométrie…) si les arbres exprimeront leur potentialité maximale ou non.) 

 

"La méthodologie Carbone EcoTree que nous avons développée avec des experts et ingénieurs forestiers vérifiée par Bureau Veritas permet d'asseoir un peu plus le sérieux de la démarche EcoTree et de rappeler la multitude de services rendus par la forêt, lorsqu'elle est gérée durablement, chaque jour, par nos équipes sur le terrain."

Erwan Le Méné, président d’EcoTree

 

EcoTree a travaillé avec plusieurs experts et ingénieurs forestiers indépendants afin de définir des itinéraires sylvicoles types.
Ces itinéraires sont une extrapolation contemporaine de tables de production de référence, qui, confrontées aujourd’hui au terrain, au changement climatique, et aux méthodes de sylviculture durables privilégiées par EcoTree, ont pu paraître, à plusieurs égards, obsolètes, souvent trop optimistes ou inadaptées. 
Ainsi, compte tenu du caractère unique de toute forêt, EcoTree, après plusieurs études sur le terrain, affine l’itinéraire le plus adapté à chacune avant de le soumettre à la validation d’un expert forestier qui atteste sa cohérence, selon un certain nombre de critères.

 

"J'ai découvert EcoTree en même temps qu'ils ont fait appel à mes compétences sur le sujet. J'ai trouvé leur modèle sylvicole particulièrement respectueux de la dynamique naturelle et des écosystèmes. Une forêt gérée durablement avec une conduite des peuplements en irrégulier, le maintien d'un couvert continu et le choix d'essences adaptées et diversifiées comme le fait EcoTree, c'est en effet, un puits de carbone, des écosystèmes préservés, et une biodiversité améliorée."

Manon Lopez, Ingénieure Forestier

 

Un outil inspiré du Label Bas Carbone 

C’est en partenariat avec le Cabinet Lorne, et avec le concours de l’ingénieure forestier Manon Lopez, qu’EcoTree a mis en place un outil permettant de quantifier, sur la base de l’itinéraire sylvicole choisi, le stockage de carbone espéré pour chaque peuplement. Nos clients propriétaires d’arbres dans ces massifs peuvent ainsi constater les bénéfices d’une bonne gestion forestière, pour ce qu’elle stocke de carbone.
Cet outil de quantification est inspiré des méthodes de calcul du Label Bas Carbone du ministère de la Transition Écologique mais n’a pas vocation à permettre la commercialisation de crédits carbones. Il s’affranchit donc des critères d’éligibilité propres au marché de la compensation carbone volontaire.

 

Nous partageons avec EcoTree l’exigence d’un regard sur la forêt toujours renouvelé. C’est donc naturellement que nous avons associé nos compétences pour travailler sur le carbone. Enfin valorisée, cette aménité contribuera demain à porter les nouveaux investissements dont la forêt a tant besoin”.

Edward Lorne

 

Ainsi, nous ne limitons pas la quantification de carbone absorbé à 30 ans, comme le fait le Label Bas Carbone, mais nous prenons en compte le carbone stocké tout au long de la durée de vie des arbres dont nous avons la gestion pour le compte de nos clients.

Des calculs de stockage carbone vérifiés par Bureau Veritas

Pour la quantification de carbone de nos forêts, nous nous fondons sur les équations de quantification du Label bas carbone (LBC). Mais pour chaque peuplement, nous faisons appel à Bureau Veritas Certification, qui est reconnu pour son indépendance et son professionnalisme, et qui est notamment l’organisme certificateur du label FSC. Le rôle de cet organisme est de vérifier la cohérence entre les itinéraires sylvicoles validés par l'expert et ceux utilisés pour la quantification carbone des projets ; de vérifier le respect de la méthodologie Carbone EcoTree, et d’attester la bonne application des calculs de quantification carbone selon l’itinéraire sylvicole dans le scénario de référence, comme dans le scénario du projet, ainsi que sur la période définie par l’itinéraire. 

 

"Nous sommes heureux d'accompagner EcoTree et de participer à cette nouvelle initiative autour de la forêt et du carbone en en vérifiant la cohérence."

Antoine Huguet, Département Forêt-Bois chez Bureau Veritas

 

L’exemple de notre forêt de Pont de Buis

Notre forêt de Pont de Buis, dans le Finistère, est la première à avoir fait l’objet d’une vérification de Bureau Veritas. Cette ancienne prairie accueillera donc Douglas, cèdres, châtaigniers, chênes rouges et hêtres, avec un objectif d’irrégularisation. 
Selon les scénarios validés par nos experts forestiers et vérifiés par Bureau Veritas, sans intervention de la part d’EcoTree, aucune tonne d’équivalent CO2 n’aurait été absorbée par cette prairie. A compter de la plantation prévue l’hiver prochain, et à horizon de l’itinéraire sylvicole, ce massif de 6,5 Ha devrait stocker 3164 tonnes de CO2.

Les limites de la quantification du carbone

Nous sommes néanmoins conscients que toute quantification du monde vivant est théorique et qu’il ne s’agit aucunement d’une science dure et irréfutable. De même que lorsque nous avançons le fait qu’un arbre absorbe environ 25 kg de CO2 par an, nous le faisons en reconnaissant qu’il s’agit davantage d’une échelle de valeur que d’une vérité absolue, nous affirmons que les chiffres de stockage du CO2 dans nos forêts sont à considérer pour ce qu’ils sont : des hypothèses tâchant d’être au plus proche de la vérité. 
Par ailleurs, toute action ayant pour but de contribuer à la création de puits de carbone n’a de sens que si elle s’inscrit dans une démarche plus globale d’évitement d’émissions de CO2 dans l’atmosphère et de réduction de son empreinte carbone.
Enfin, nous mettons en garde contre le fait qu’envisager l’engagement en forêt pour sa seule capacité de stockage pourrait favoriser le développement d’une gestion ni durable ni respectueuse de l’environnement et de sa biodiversité. C’est pourquoi, nous gérons les forêts pour la totalité des services qu’elles rendent au monde et aux hommes.