7 juil. 2020

Comment EcoTree calcule le stockage du carbone dans ses forêts

Nos forêts sont des Solutions Fondées sur la Nature qui contribuent à la séquestration du CO2 de l’atmosphère. Notre méthode de calcul est validée par Bureau Veritas.

Pierre-François Dumont Saint Priest
Pierre-François Dumont Saint PriestDirecteur Général Délégué
Comment EcoTree calcule le stockage du carbone dans ses forêts

Porteurs de Solutions Fondées sur la Nature qui passent notamment par la gestion durable de forêts, nous avons à cœur de contribuer activement à la réduction des dérèglements climatiques en contribuant à la capture du CO2 de l’atmosphère. Cela passe, entre autres, par la constitution de puits de carbone naturels tels que des forêts. Aujourd’hui, nous sommes en mesure de quantifier le carbone absorbé par nos forêts et de délivrer des crédits carbone, par le biais d’une méthodologie originale validée par Bureau Veritas.

Des itinéraires sylvicoles vérifiés par des experts forestiers indépendants

Combien de CO2 peut absorber une forêt, c’est une question complexe qui mérite d’être étudiée sous tous ses angles. Pour pouvoir y répondre, il nous faut d’abord définir des itinéraires sylvicoles types. Un itinéraire sylvicole détermine les interventions successives (prélèvements et travaux forestiers) qui seront réalisées pour atteindre un objectif fixé dans un contexte donné.

L’objectif est la production visée, c’est-à-dire la manière de mener le peuplement, par exemple en favorisant la régénération naturelle, en mettant en place des coupes de cloisonnement, etc., dans le but de favoriser les plus beaux arbres, tandis que le contexte représente la vigueur du peuplement en fonction du sol, du climat, etc. C’est par cet itinéraire que sera défini le volume de bois présent dans cette forêt au cours du temps, volume qu'il est possible de rapporter son équivalent CO2, via un certain nombre de calculs. 
Il faut donc prendre en compte plusieurs paramètres qui sont les différentes essences d’arbres de la forêt, les différents types de gestion de la forêt (futaie régulière avec objectif de régénération naturelle, futaie irrégulière, taillis…) et la classe de fertilité de la forêt (qui permet de savoir, suivant les caractéristiques de la station (sol, pluviométrie…) si les arbres exprimeront leur potentialité maximale ou non.) 

 

"La méthodologie Carbone EcoTree que nous avons développée avec des experts et ingénieurs forestiers vérifiée par Bureau Veritas permet d'asseoir un peu plus le sérieux de la démarche d'EcoTree et de rappeler la multitude de services rendus par la forêt, lorsqu'elle est gérée durablement, chaque jour, par nos équipes sur le terrain."

Erwan Le Méné, président d’EcoTree

 

EcoTree a travaillé avec plusieurs experts et ingénieurs forestiers indépendants afin de définir des itinéraires sylvicoles types.
Ces itinéraires sont une extrapolation contemporaine de tables de production de référence, qui, confrontées aujourd’hui au terrain, au changement climatique, et aux méthodes de sylviculture durables privilégiées par EcoTree, ont pu paraître, à plusieurs égards, obsolètes, souvent trop optimistes ou inadaptées. 
Ainsi, compte tenu du caractère unique de toute forêt, EcoTree, après plusieurs études sur le terrain, affine l’itinéraire le plus adapté à chacune avant de le soumettre à la validation d’un expert forestier qui atteste sa cohérence, selon un certain nombre de critères à la fois écologiques et économiques.

 

"J'ai découvert EcoTree en même temps qu'ils ont fait appel à mes compétences sur le sujet. J'ai trouvé leur modèle sylvicole particulièrement respectueux de la dynamique naturelle et des écosystèmes. Une forêt gérée durablement avec une conduite des peuplements en irrégulier, le maintien d'un couvert continu et le choix d'essences adaptées et diversifiées comme le fait EcoTree, c'est en effet, un puits de carbone, des écosystèmes préservés, et une biodiversité améliorée."

Manon Lopez, Ingénieure Forestier

 

Un outil inspiré du Label Bas Carbone 

C’est en partenariat avec le Cabinet Lorne, et avec le concours de l’ingénieure forestier Manon Lopez, qu’EcoTree a mis en place la première version d'un outil permettant de quantifier, sur la base de l’itinéraire sylvicole choisi, la séquestration et le stockage de carbone espérés pour chaque peuplement. Nos clients propriétaires d’arbres dans ces massifs peuvent ainsi constater les bénéfices d’une bonne gestion forestière, pour ce qu’elle séquestre et stocke de carbone.
Cet outil de quantification est inspiré des méthodes de calcul du Label Bas Carbone du ministère de la Transition Écologique. A chacune des évolutions du Label Bas Carbone, et par notre propre démarche de veille sur le sujet, notre méthode évolue également.

 

Nous partageons avec EcoTree l’exigence d’un regard sur la forêt toujours renouvelé. C’est donc naturellement que nous avons associé nos compétences pour travailler sur le carbone. Enfin valorisée, cette aménité contribuera demain à porter les nouveaux investissements dont la forêt a tant besoin”.

Edward Lorne

 

Ainsi, nous ne limitons pas la quantification de carbone absorbé à 30 ans, comme le fait le Label Bas Carbone, mais nous prenons en compte le carbone stocké tout au long de la durée de vie des arbres dont nous avons la gestion pour le compte de nos clients.Cette comptabilisation est envisagée à l'échelle des parcelles forestières de nos projets forestiers. 

Les calculs de séquestration, stocks et effets de substitution du carbone sont vérifiés par Bureau Veritas

Pour la quantification de carbone de nos forêts, nous nous fondons sur les équations de quantification du Label bas carbone (LBC). Mais pour chaque peuplement, nous faisons appel à Bureau Veritas Certification, qui est reconnu pour son indépendance et son professionnalisme, et qui est notamment l’organisme certificateur du label FSC. Le rôle de cet organisme est de vérifier la cohérence entre les itinéraires sylvicoles validés par l'expert et ceux utilisés pour la quantification carbone des projets ; de vérifier le respect de la méthodologie Carbone EcoTree, et d’attester la bonne application des calculs de quantification carbone selon l’itinéraire sylvicole dans le scénario de référence, comme dans le scénario du projet, ainsi que sur la période définie par l’itinéraire. 

 

"Nous sommes heureux d'accompagner EcoTree et de participer à cette nouvelle initiative autour de la forêt et du carbone en en vérifiant la cohérence."

Antoine Huguet, Département Forêt-Bois chez Bureau Veritas

 

L’exemple de notre forêt de Pont de Buis

Notre forêt de Pont de Buis, dans le Finistère, est la première à avoir fait l’objet d’une vérification de Bureau Veritas. Cette ancienne prairie accueille ainsi Douglas, cèdres, châtaigniers, chênes rouges et hêtres, avec un objectif d’irrégularisation. Le scénario de référence du carbone additionnel, sur ce projet forestier, est la prairie ou le pâturage. Cela implique que, sans le projet mené par EcoTree, ce terrain resterait sous forme de prairie et n'absorberait pas ou très peu de dioxyde de carbone (selon la référence du Label Bas Carbone).
A horizon de l’itinéraire sylvicole, ce massif de 6,5 Ha devrait stocker 3164 tonnes de CO2,selon nos calculs.

Les limites de la quantification du carbone

Nous sommes néanmoins conscients que toute quantification du monde vivant dépend de modèles théoriques et prospectifs et qu’il ne s’agit aucunement d’une science immuable et irréfutable. De même que lorsque nous avançons le fait qu’un arbre absorbe environ 25 kg de CO2 par an, nous le faisons en reconnaissant qu’il s’agit davantage d’une échelle de valeur que d’une vérité absolue, nous affirmons que les chiffres de stockage du CO2 dans nos forêts sont à considérer pour ce qu’ils sont : des hypothèses tâchant d’être au plus proche de la vérité. Tous nos calculs prospectifs de séquestration et stocks de carbone sont faits à partir des itinéraires sylvicoles, comme nous l’avons dit, et donc ne sont fiables qu’à l’échelle de la parcelle forestière, avec un nombre de tiges statistique.
Par ailleurs, toute action ayant pour but de contribuer à la création de puits de carbone n’a de sens que si elle s’inscrit dans une démarche plus globale d’évitement d’émissions de CO2 dans l’atmosphère et de réduction de son empreinte carbone.
Enfin, nous mettons en garde contre le fait qu’envisager l’engagement en forêt pour sa seule capacité de stockage pourrait favoriser le développement d’une gestion ni durable ni respectueuse de l’environnement et de sa biodiversité. C’est pourquoi, nous gérons les forêts pour la totalité des services qu’elles rendent au monde et aux hommes, ainsi que pour leur santé propre.