L’utilisation du bois à travers les âges

A travers les âges, nous avons développé de nombreuses techniques d'utilisation du bois, dont certaines persistent.

Vianney Passot

Secrétaire général
L’utilisation du bois à travers les âges

Si dans nos vies essentiellement citadines nous avons perdu certains savoirs liés à la nature, d’autres ont persisté et se sont même développés. Quelle était l’utilisation de tel et tel bois pour les anciens ? Que faisons-nous aujourd’hui de la diversité des essences d’arbres que la nature nous offre ? En voici un petit aperçu.

Utiliser les richesses des arbres

Au long des siècles, l’homme a appris à utiliser les richesses que lui offraient la nature tout en la respectant, pour ce qu’il n’aurait pas pu vivre sans elle. Cohabiter avec la nature, c’est savoir prélever sans attenter à ses ressources vitales tout en évitant de polluer. Voici ce que les sociétés anciennes pratiquaient de manière instinctive et qu’il nous faut réapprendre à mettre en application, après l’avoir rationnellement démontré.

Faire sa lessive au bois

Longtemps, la cendre fut employée pour servir de lessive. La cendre la plus courue et la plus recherchée par les lavandières pour ses qualités était celle des fruitiers, du frêne, du charme et de l’orme. Au contraire, la cendre du chêne, fortement pourvue en tanin, était négligée car elle tachait le linge. Ainsi, la lavandière disposait au fond d’une cuve la cendre, y ajoutait l’eau, laissait tremper puis battait le linge avant de le rincer et de le faire sécher sur les haies.

Utilisation de quelques ressources de la forêt

Voici quelques exemples d’une utilisation pratique des ressources forestières. L’écorce des jeunes chênes était autrefois utilisée pour le tannage des peaux. Celle du tilleul pour la fabrication des cordes à puits. Celle du noyer et de l’aulne pour la teinture. Celle du houx et de l’if pour la fabrication de la glu.

Les glands étaient, et sont toujours, utilisés pour nourrir les porcs, les châtaignes pour l’homme et l’animal, les faines pour les cochons et les dindons. Les ronces peuvent servir à fabriquer de la ficelle, les genêts et les petites branches de bouleau sec pour faire des balais.

L'utilisation des arbres au quotidien

En cas de sécheresse, les feuilles de frêne et d’orme sont recommandées pour nourrir les bêtes. Nous avons déjà évoqué la lente réconciliation entre la foresterie et la pratique des arbres fourragers.

Fabriquer des manches d'outil en bois

Pour la fabrication des manches d’outils, des maillets de bois, des poulies, des coins, fourches et râteaux, le charme, le frêne, l’aubépine, le cornouiller mâle, le sorbier et le micocoulier sont recommandés.

Du bois pour l'ébénisterie et la marqueterie

Pour ce qui est de l’ébénisterie et de la marqueterie, la plupart des bois et des arbustes sont utilisables. Les tourneurs préfèrent toutefois travailler le noyer, le buis, le fusain, le genévrier, le merisier, le frêne, l’alisier, le cornouiller, le sorbier, le bouleau, le hêtre et le charme. Quant aux sculpteurs, ils privilégient le chêne, le noyer, le sycomore, le tilleul, le marronnier, le peuplier et le saule.

Fabriquer des pilotis en bois

Dans les zones humides, l’aulne a longtemps servi à la fabrication des pilotis. Le saule, qui a servi à la fabrication de manches d’outils, de fusains d’artistes ou en vannerie ; dont les vertus curatives étaient célèbres dans l’Antiquité, n’a plus guère d’utilisation aujourd’hui, son bois n’étant pas propre à en faire du bois de chauffage. Moins taillés, les troncs des saules finissent souvent par se briser, alors que leur rôle est très important dans la régulation de l’eau. Ces arbres agissent comme une pompe, raison pour laquelle ils ont longtemps bordé les fossés d’irrigation.

Utiliser la nature avec respect, c’est contribuer à sa richesse et à son renouvellement.