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Chauve-souris : souche à virus ou mammifère d’exception ?

Chauve-souris : souche à virus ou mammifère d’exception ?

Depuis le début de la pandémie de Covid-19, on parle beaucoup des chauves-souris, dont l’anagramme souche à virus fait la joie des happy few. Ce petit mammifère aux particularités exceptionnelles est-il ce nid à virus que l’on prétend ? Ou un maillon indispensable des écosystèmes terrestres ? Doit-on s’en méfier ou, au contraire admirer ses incroyables défenses immunitaires et tâcher de comprendre comment il se protège de tant de maladies ?

Chauve-souris, qui es-tu ?

On connaît peu de mammifères volants, et pour ainsi dire aucun autre que la chauve-souris, dont il convient tout de même de dire qu’il existe près de 1400 espèces à travers le monde, qui se répartissent en 18 familles. En France, nous comptons encore 34 espèces de chauves-souris, malgré la menace qui pèse sur ces petits mammifères étonnants, seuls capables de vol actif. Les chauves-souris sont des chiroptères, du grec ancien “chiro” signifiant main et “ptère”, qui signifie aile, car les ailes des chauves-souris sont des mains modifiées. Dotées d’un petit pouce pourvu d’une griffe, elles ont quatre autres doigts particulièrement allongés qui sous-tendent une fine membrane de peau, souple et élastique, laquelle leur assure la portance. Le tissu formant l’aile des chiroptères est l’un des plus rapides à se régénérer de tout le règne animal, l’une des nombreuses particularités de cet animal très ancien (100 millions d’années). 
La main ailée de la chauve-souris a plusieurs utilités, hormis le vol, notamment celle de lui servir de protection lorsqu’elle est au repos. Dans cette grande couverture, notre petit mammifère s’enroule douillettement pour passer le jour (il dort environ 20 heures sur 24) et l’hiver. Car les ailes ont un rôle de régulateur thermique, notamment lorsqu’elles brassent l’air nocturne, permettant d’abaisser la température de l’animal en vol. Celui-ci est capable de pratiquer le vol battu, le vol stationnaire, et même le vol plané. Il peut atteindre la vitesse de 50 km/h avec une fréquence de 10 battements d’ailes par seconde. A contrario, en hiver, le cœur de la chauve-souris peut ralentir jusqu’à 1 battement par minute, afin de dépenser le moins d’énergie possible.
Par ailleurs, le vol des chauves-souris est encore plus efficient et sobre en dépense d'énergie que celui des oiseaux auxquels la taille ou le type de vol les rapproche. Des tests ont démontré qu’à l’instar des insectes, elles optimisent leur vol lorsque leurs ailes s'abaissent en gérant au mieux les microturbulences du bord d'attaque des ailes qui confèrent jusqu'à 40 % de la poussée.
La diversité des espèces et leurs caractéristiques à tout point de vue étonnantes en font un animal fascinant. Ainsi, alors que certaines atteignent les deux mètres d’envergure, d’autres ne pèsent pas plus de 3,5 grammes. Et le murin de Brandt remporte haut la main le record de longévité rapporté à son poids, parmi les mammifères. Ce gentil petit animal de seulement 7 grammes peut en effet vivre jusqu’à 40 ans

Chauves-souris dans les cheveux, vampires et autres idées reçues

A notre connaissance, il existe trois espèces de chauves-souris vampires. Vivant en Amérique du Sud, elles possèdent des dents parmi les plus tranchantes du règne animal, grâce auxquelles elles coupent les poils de l’animal avant de pratiquer une incision dans sa chair, puis de lécher le sang de la bête. Grâce à la substance anesthésiante présente dans sa salive, l’animal attaqué ne sent rien et un anticoagulant assure à la chauve-souris un jet continu de sang. C’est ainsi que le vampire peut boire le sang de sa victime pendant une demi-heure. Ce mammifère volant, pas plus gros que le pouce, a un appétit dévorant, si bien qu’en une année, une colonie de vampires peut boire le sang de vingt-cinq chevaux. Et les vampires ont besoin de sang chaque nuit, faute de quoi, ils meurent de faim. Cerise sur le gâteau, l’ouïe du vampire est si exceptionnelle qu’elle lui permet de reconnaître la respiration du cheval précédemment mordu, afin d’y revenir.
En revanche, les chauves-souris ne pullulent pas comme des rats. Elles ne sont pas plus fertiles que nous le sommes, seules deux tiers des femelles d’une colonie sont fécondées et donnent naissance à un petit chauve-souriceau chaque année, dont 60% mourra au cours de la première année.
Leur technique de vol étant extrêmement précise, en s’appuyant sur un système d’écholocalisation comparable à celui d’un sonar, qui lui permet d’évoluer dans la plus parfaite obscurité, on dit qu’elles voient avec leurs oreilles, et n’ont aucune chance de se prendre dans vos cheveux. Malgré cela, ces mammifères ne sont pas aveugles et l’écholocalisation leur sert principalement à chasser. Pour le reste, elles sont capables de se déplacer au sol et de voir. 
Enfin, leur guano est absolument sans risque pour l’être humain, au moins en France, et il constitue un formidable engrais.

Le rôle essentiel des chiroptères dans la chaîne alimentaire

En Europe, toutes les chauves-souris sont insectivores, et elles peuvent manger la moitié de leur poids en insectes au cours d’une nuit. Elles sont de grandes prédatrices de moustiques et d’autres insectes parasites, également de papillons de nuit dont beaucoup se développent au détriment des arbres fruitiers ou d’autres cultures. Toutefois, merveille d’adaptation de la nature, certains papillons ont développé des techniques pour éviter de se faire repérer par les chauves-souris. Suspendant leurs battements d'ailes, ils deviennent presque invisibles au prédateur.
Les chauves-souris sont actives de mars à octobre, c’est-à-dire pendant la période d’activité des insectes dont elles se nourrissent. Le reste du temps, elles hibernent et il faut absolument éviter de les déranger au cours de leur hibernation, car le vol nécessite une grande dépense d’énergie pour elles, et peur leur être fatal, en l’absence de nourriture. 
Au printemps, les femelles cherchent des abris calmes et sombres pour mettre bas, comme des ponts, des arbres creux, des grottes, des combles, etc, et élèvent leurs petits en groupes formés de femelles, les mâles étant généralement solitaires. Ils s’accoupleront à l’automne et feront des réserves de graisse pour affronter les longs mois d’hiver. 

Chauve-souris, une souche à virus ?

Le débat est loin d’être fini sur la manière précise dont le Covid-19 a été transmis à l’homme, mais ce qui est certain, c’est que les chauves-souris transportent de nombreux virus qui ne les atteignent guère mais qui peuvent être fatals à d’autres espèces comme la nôtre. Pour éviter cela, il convient de ne pas perturber leur écosystème et d’éviter les contacts directs avec elles. C’est-à-dire de ne pas les capturer, de les manipuler avec la plus grande précaution et des protections en cas de nécessité et de cesser les trafics d’espèces sauvages. Les chauves-souris sont par ailleurs totalement protégées en France
Cela dit, “le coronavirus responsable de la pandémie de Covid-19 est le descendant d’un virus de la chauve-souris”. Il est possible qu’il soit passé à l’homme via le pangolin mais c’est loin d’être acquis. Toutefois, à l’origine de cette pandémie, comme au départ de plusieurs épidémies antérieures, on trouve la chauve-souris. L’épidémie de SRAS en 2003, celle du coronavirus MERS, en 2012, mais aussi la fièvre hémorragique Ebola en 2014-­2015 ; le virus de Marburg, à la fin des années 90 en République démocratique du Congo, puis en Angola ; le virus Nipah, en Malaisie, à Singapour et au Bangladesh, dans les années 1990 et 2000, ou celles du virus Hendra, à la même époque, en Australie. A chaque fois, les chercheurs ont trouvé un hôte intermédiaire : la civette pour le SRAS, le dromadaire pour le MERS, les singes pour Ebola, les porcs pour le Nipah, les chevaux pour Hendra. C’est ainsi que les chiroptères sont montrés du doigt à chaque nouvelle épidémie. Il faut toutefois répéter que si l’on se tenait éloignés de leurs habitats et qu’on laissait vivre ces animaux sauvages en paix, les risques de contamination seraient quasi nuls. 
Outre cela, les scientifiques ont compris que les chauves-souris transportaient d'innombrables virus qui ne les attaquaient pas. Comprendre leur système de défense est un intérêt majeur pour la médecine. La majorité des coronavirus proviennent de ces petits mammifères ailés et pourtant, leur système immunitaire est tel qu’il les protège de ces virus qu’elles transportent et propagent au sein de leurs nombreuses colonies. Ce, depuis peut-être 100 millions d’années. Les chercheurs commencent à peine à débroussailler le terrain, mais il semblerait que la compréhension du puissant système immunitaire des chauves-souris permette de faire avancer la médecine mondiale. Car, outre leur résistance impressionnante aux virus, les chauves-souris ne développent jamais de cancer, leurs chromosomes se reproduisant exactement à l’identique et étant pourvues d’un dispositif particulier de réparation de l’ADN et de nettoyage de cellules. 
Nous avons beaucoup à apprendre des chiroptères, et ce n’est sans doute pas un hasard si le Conseil européen de la recherche vient de doter de bourses conséquentes l’initiative menée par Martin Schwemmle et son équipe de l’Institut de virologie à l’université de Fribourg, en Allemagne, sur une nouvelle forme de grippe découverte chez les chauves-souris.

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