La France organise un One Planet Summit pour la biodiversité

Le One Summit Planet organisé par la France a fait le lien entre le réchauffement climatique, la pandémie de Coronavirus et la perte de biodiversité mondiale.

Pierre-François Dumont Saint Priest

Directeur Général Délégué
La France organise un One Planet Summit pour la biodiversité

Sans doute pour la première fois, un lien direct est fait à l’échelle planétaire entre la biodiversité, le réchauffement climatique et la pandémie de Covid-19. Le One Planet Summit organisé par la France a clairement affiché l’ambition de préserver la biodiversité mondiale pour endiguer le réchauffement climatique et la pandémie. Une initiative que nous saluons et espérons voir se réaliser concrètement.

2021, l’année de la biodiversité

La protection des écosystèmes était au cœur des discussions engagées lors du One Planet Summit sous l’égide du président de la République Emmanuel Macron. C’est à une mobilisation politique inédite en faveur de la biodiversité que nous avons assisté. Certains ont boudé ce rendez-vous mondial, estimant que l’on n’avait pas réellement avancé dans la lutte contre le changement climatique depuis l’Accord de Paris et que l’on se payait de mots. 
Nous ne sommes pas aussi catégoriques, même si nous ne comptons pas nous contenter d’annonces. Les choses avancent peut-être trop lentement au goût de certains, mais elles avancent, et l’impulsion donnée par un certain nombre de pays, au premier rang desquels l’Union Européenne, est bonne. La biodiversité doit être protégée et accompagnée vers un nouvel essor, c’est la condition sine qua non de la sortie de cette crise mondiale qui ne fait que commencer : un réchauffement climatique inédit et son cortège de malheurs dont l’épidémie de Coronavirus, les sécheresses à répétition, les incendies ravageurs, les tempêtes de plus en plus puissantes et les déplacements de populations. 
Il ne fait plus aucun doute que la perte de biodiversité, le grignotage des espaces sauvages par les sociétés humaines et le bouleversement des écosystèmes naturels sont la cause première des pandémies mondiales que nous éprouvons depuis un siècle, et que si nous voulons éviter de nouvelles crises comme celle de la Covid-19, il nous faut préserver la nature. 

Les forêts sont à la croisée des problématiques actuelles

Climatiques, écologiques ou sanitaires, les forêts sont à la croisée de ces problématiques. Occupant près d’un tiers de la surface de la Terre, elles sont le plus grand réservoir de biodiversité terrestre, le moyen le plus efficace de lutter contre l’érosion, de lutte contre la désertification, d’absorber le CO2 que nos activités produisent et de rendre aux espèces sauvages leur territoire, afin d’éviter la contamination des populations mondiales par de nouvelles zoonoses. Ainsi que l’a relevé le président français devant les premiers ministres britannique (Boris Johnson) et canadien (Justin Trudeau), la chancelière allemande, la présidente de la Commission européenne, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, “toutes les vulnérabilités sont liées”. C’est-à-dire que tous les drames auxquels nous avons à faire face sont liés à notre impact négatif sur la nature. 
Or, la déforestation d’une partie du monde est l’un des enjeux les plus cruciaux du siècle, et donc du One Planet Summit et de la coopération internationale.

Des engagements concrets en faveur de la biodiversité

Voici pourquoi les participants à ce sommet mondial (où l’on regrettera notamment l’absence de la Chine, des Etats-Unis et les critiques de Greenpeace France) se sont engagés à mettre en place des actions concrètes. Il a ainsi été appelé à ce que 30% des investissements en faveur du climat bénéficient également à la biodiversité d’ici à 2030 !
Au titre des actions concrètes et réalisables, 12 milliards d’euros ont été alloués sur cinq ans à la relance de la Grande Muraille verte, un projet de reboisement pharaonique du Sahel pour endiguer l’avancée du désert grâce aux arbres. Ainsi que l’a dit le président de France Nature Environnement, “nous avons besoin d’une Grande Muraille verte au Sahel et de plus petites murailles vertes à l’échelle de chaque pays ; nous avons besoin de protéger nos forêts ici et ailleurs. »
Parce que nous vivons tous sur une seule et même planète, les efforts que nous entreprenons ici, à notre échelle, sont pertinents pour le monde entier, et leurs effets se feront sentir à l’autre bout du monde. Voici pourquoi un des autres objectifs est de placer sous protection un tiers de la surface de la Terre d’ici à 2030. Parce que la biodiversité en danger doit avoir un répit, avant de pouvoir se reconstituer et redéployer sa puissance. 
Et comme le travail commence ici et maintenant, un engagement ferme a été pris, de faire de la Méditerranée, qui abrite un très grand nombre d’espèces, un espace marin “exemplaire” en s’attachant à l’élargissement des espaces protégés, à la fin de la surpêche, à l’élimination de la pollution marine et du plastique à usage unique et au développement de transports maritimes plus propres. 
Faisons mentir les Cassandre qui crient que tout cela, ce ne sont que des mots : engageons-nous ici et maintenant à favoriser la biodiversité et à protéger la nature !