19 mars 2020

Coronavirus : faut-il une crise sanitaire pour se soucier de l’écologie ?

Si la pandémie de Coronavirus a des effets bénéfiques sur l’environnement à court terme, on ne peut se réjouir d'en être là pour se soucier de l'écologie.

Coronavirus : faut-il une crise sanitaire pour se soucier de l’écologie ?

Si la pandémie de Coronavirus a des effets bénéfiques sur l’environnement à court terme, peut-on se réjouir qu’il faille en arriver là pour se soucier de notre Terre ? Non, bien sûr, et nous préférerions qu’il en aille autrement. Cela nous donne toutefois l’occasion de méditer sur notre rapport à l’écologie et à la biodiversité. Sur notre relation à la nature.

Chine : 100 millions de tonnes de CO2 émises en moins

Puisque nous avons du temps, confinés que nous sommes dans quelques pièces, pourquoi ne pas en profiter pour nous interroger sur les raisons de la crise sanitaire qui nous affecte et sur ce qu’elle révèle de notre rapport au monde ? Nous le savons, l’épidémie qui a d’abord touché la Chine a rapidement mis en évidence que le pays le plus peuplé au monde et le plus important émetteur de CO2 dans le monde mis à l’arrêt, on respirait d’un seul coup beaucoup mieux. 100 millions de tonnes de CO2 qui auraient dû être émises en temps normal ne l’ont pas été, rien que dans ce pays. Les particules fines circulent moins et, le trafic en grande partie interrompu désormais en Europe, nous allons inspirer, nous aussi, un grand bol d’air pur. 
Nous ne pouvons toutefois pas nous réjouir de cette crise sanitaire mondiale, mais nous pouvons en tirer des leçons.

Notre biodiversité est en danger

Si nous nous réjouissons que nos émissions de CO2 et d’autres gaz à effet de serre (GES) soient moindres, c’est que nous savons intimement que nous en émettons encore beaucoup trop et que les effets sur le changement climatique et sur la destruction de la biodiversité sont évidents. Nous avons nous-mêmes pris des résolutions pour contenir la hausse du réchauffement climatique à 2°C maximum à l’horizon 2100, or il nous reste beaucoup d’efforts à fournir en ce sens. 
Plus encore, nos activités polluantes sont une menace pour la faune et la flore, particulièrement pour les forêts qui sont le deuxième puits de carbone mondial, et pour leurs habitants. C’est toute une biodiversité qui est menacée et que nous devons nous efforcer de sauver. Ce sont des écosystèmes fragiles qu’il nous revient de pérenniser, avant qu’il soit trop tard. Et il n’est pas trop tard. 

Nous devons planter des arbres et réduire nos émissions de GES

Les scientifiques ont mis en évidence les rapports entre les atteintes des activités humaines à l’intégrité de la nature et la pandémie de Covid 19, ainsi que d’autres épidémies qui l’ont précédée. C’est à cause de grands bouleversements que nous faisons subir aux écosystèmes que nous déstabilisons les équilibres entre les espèces présentes, et que nous subissons ces maladies en retour. 
Mais il ne tient qu’à nous de rétablir cet équilibre en respectant davantage la nature, qui peut aussi bien nous faire profiter de ses richesses que nous faire subir à notre tour de mauvais traitements. 
Planter des arbres est un acte nécessaire certes, mais pas suffisant, pour endiguer le réchauffement climatique et permettre à la faune de vivre dans son milieu naturel. Il faut encore gérer avec intelligence, science et bienveillance les forêts qui nous sont confiées. Il faut apprendre à se passer des produits phytosanitaires qui peuvent être responsables de déséquilibres au sein de la biodiversité. Car toutes choses que la nature produit et nous donne sont utiles et bonnes si elles demeurent dans un cercle vertueux. Les insectes ont autant d’importance que les grands mammifères et les arbustes autant que les chênes, les hêtres ou les épicéas. De même, ces écosystèmes fragiles que sont les tourbières ou les mares forestières ont une importance primordiale. 
Le plus important, dans un schéma de biodiversité riche, c’est le mélange des espèces et l’équilibre harmonieux entre elles. C’est l’unité dans la diversité. 
Mais cela n’est pas encore suffisant. Nous reviendrons à une véritable harmonie entre les sociétés humaines et la nature quand nous aurons restreint substantiellement nos émissions polluantes de notre plein gré, et non sous la force regrettable d’une pandémie de coronavirus que nous ne pouvons que déplorer, à notre échelle. 
Gageons que le plus grand nombre en aura pris conscience et qu’une véritable conscience écologique mondiale se développera. Du reste, les jeunes générations en ont déjà conscience, de même que de nombreuses entreprises, et c’est ce qui nous remplit d’espoir.