Les ripisylves : corridors de biodiversité

Couloirs et habitats de la biodiversité, les ripisylves sont des lieux d’échanges permanents entre les arbres, les plantes, l’eau et les animaux.

Nicolas Pontroué

Photographe/Vidéaste
Les ripisylves : corridors de biodiversité

Les ripisylves ne contribuent pas seulement au maintien des berges. Elles ont également un rôle d’épurateur, de prévention des crues et sont un véritable réservoir biologique, permettant à une riche biodiversité faunistique et floristique de vivre et se reproduire. Mais que sont précisément les ripisylves ?

Que sont les ripisylves ?

Du latinripa, qui signifie rive et silva, la forêt, les ripisylves sont des bandes boisées plus ou moins larges poussant sur les berges des cours d’eau. Elles sont ainsi un écosystème à part entière et totalement particulier, du fait des interactions qui se jouent continuellement entre la terre, les arbres et l’eau. Les bords des cours d’eau boisés sont donc considérés comme des zones humides particulières, que l’on nomme communément ripisylves ou forêts rivulaires.
Ces écosystèmes accueillent une faune et une flore particulière, du fait de la présence permanente de l’eau, parfois des courants et des crues. Ainsi, les essences d’arbres les plus présentes dans les ripisylves sont les aulnes, frênes et saules en bordure, puis les érables et les ormes un peu plus en hauteur, les charmes et chênes pédonculés en arrière-plan. 
Pour ce qui est de la strate arbustive, aubépines et coudriers sont souvent présents et la strate herbacée compte des espèces telles que les joncs, les carex ou les massettes (couramment appelées quenouilles). 

Les ripisylves ont une fonction de maintien des berges

Grâce à l’action mécanique des racines des arbres, les ripisylves ont un rôle de protection des berges contre l’érosion. C’est le complexe entrelacement des systèmes racinaires des différentes essences d’arbres, d’arbustes et d’herbacées qui rend les berges des cours d’eau résistantes aux assauts de l’eau. 
Ainsi, lorsque l’on cherche à recomposer une ripisylve en imitant l’oeuvre incomparable de la nature, c’est tout un art que de planter ou de favoriser la croissance des espèces idoines à chaque étage, l’idéal étant d’avoir plusieurs mètres de largeur pour laisser s’étendre l’ensemble des formations boisées. La terre est tout à la fois fixée par les plantes (graminées) et par les arbres d’âges, de tailles et d’essences différents. 
L’équilibre se trouve dans la diversité, notamment dans le respect des trois strates végétales : herbacée, arbustive et arborescente. 

Les ripisylves ont une fonction épuratrice

L’eau des cours d’eau est hélas souvent polluée par les intrants chimiques (pesticides, insecticides, fongicides) ainsi que les eaux usées, la litière des animaux d’élevage et même des métaux lourds rejetés par l’industrie.
Les arbres ont un pouvoir dépolluant et filtrant, grâce à leurs racines et en s’aidant des bactéries et des champignons qui leur sont associés. L’azote qui compose les nitrates présents dans les engrais est notamment pompé et transformé par certains arbres comme les saules. 

Les ripisylves ont une fonction de réservoir biologique

Étant un écosystème complexe, la ripisylve abrite une végétation et une faune riche. De nombreuses espèces animales y trouvent ainsi un habitat et certaines, comme la loutre d’Europe ou le castor, n’auraient pas d’autre possibilité de vivre sans la présence de berges protégées par les bois. 
C’est aussi à une diversité de poissons, de batraciens et d’insectes que cet écosystème particulier permet d’advenir : nichant dans les herbiers ou les abris qu’offrent les racines, de nombreuses espèces trouvent à s’y reproduire, déposer leurs oeufs et se nourrir des fruits et d’autres insectes qui tombent des arbres. 
Mais d’autres espèces animales ou végétales ne font qu’y passer, les ripisylves sont un corridor en plus d’être un habitat. C’est ainsi que, de manière générale, l’ensemble des formations boisées bordant les cours d’eau, est une richesse pour la diversité du vivant.