Que faire en forêt en automne ? Margaud nous donne des conseils

Adepte du trail et étudiante à AgroParisTech Nancy pour être ingénieur forestier, Margaud nous donne des conseils sur les sorties en forêt à l’automne.

Que faire en forêt en automne ? Margaud nous donne des conseils

Adepte du trail et étudiante à AgroParisTech Nancy pour devenir ingénieur forestier, Margaud connaît les bois de sa région comme sa poche, mais ne se fait pas prier pour arpenter d’autres forêts de France. Elle nous donne quelques conseils sur les sorties en forêt à l’automne.

Margaud, quel est ton rapport aux forêts ?

Mes études d’ingénieur forestier me poussent à passer un tiers de mon temps dans les bois. Nous y sommes une à deux journées par semaine. Ces temps-ci, c’est un peu différent, parce que je suis en stage chez EcoTree, pour ma dernière année d’études, mais c’est normalement le rythme que j’ai. 
Comme je me destine à faire de la gestion de forêts, le minimum est de savoir de quoi je parle, donc je suis dehors très souvent. Originaire de Strasbourg, je connais bien les forêts des Vosges. Ce sont mes parents qui m’ont donné le goût des arbres. J’ai passé mon enfance dehors.

Tu fais beaucoup de trails, comment cela t’est venu ?

Mon père a commencé à me faire courir dans les forêts lorsque j’étais au lycée. Depuis, nous courons souvent ensemble. J’ai toujours beaucoup de plaisir à être au grand air. A l’origine, c’est pour évacuer la pression que je me suis mise à courir. J’étais très stressée au lycée, et j’ai trouvé dans la course en forêt un moyen de me vider la tête. J’habitais à 100 mètres d’une forêt, alors, plutôt que de méditer, j’allais courir. 
La suite logique, ça a été de faire des études dans ce domaine.

Qu’est-ce qui est agréable dans les forêts en cette saison ?

Ce qui est incroyable avec les forêts, c’est que même si c’est un endroit que tu connais très bien, il sera différent à chaque saison. Au printemps, ce sont toutes les petites herbes qui sortent. Les graminées s’expriment et les fleurs se répandent partout. En été, c’est beaucoup plus vert et les forêts forment des îlots de fraîcheur incomparables. L’automne, ce sont les couleurs changeantes et les feuilles mortes au sol qui donnent un autre air à la forêt. Le plaisir est aussi esthétique que physique. Et en hiver, c’est très beau de se balader dans la neige. A chaque sortie, je remarque des changements.

Autour de chez toi, ce sont surtout des forêts de conifères, non ?

Dans les Vosges oui, mais pas dans les plaines où il y a beaucoup de chênes, de hêtres et de bouleaux… Le week-end en balade, on croise du monde. Entre les promeneurs, les cyclistes, les randonneurs, les moyens de profiter des bienfaits de la forêt sont multiples. Tout le monde peut y trouver son bonheur !

Quel est l’avantage du trail ?

C’est peut-être un moyen de découvrir plus de choses, en allant plus loin. Il ne faut pas avoir peur de se perdre, car on finit toujours par retrouver son chemin, et cela permet de découvrir de nouvelles choses, des lieux que l’on n’avait pas imaginé de parcourir. Il faut être prêt à l’inattendu. 
Aujourd’hui, je n’ai pas le temps de faire autant de trail que je voudrais, donc mes sorties se limitent à deux trois heures, mais mon père peut partir pour quatre ou cinq heures. 

Quel autre type d’activité se pratique dans la forêt ?

En dehors de la randonnée, de la course et des cyclistes, je vois beaucoup de gens pratiquer l’escalade, car il se trouve beaucoup de blocs de grès dans les environs. Mais dans d’autres régions, cela se pratique aussi sur d’autres falaises, comme dans la forêt de Fontainebleau
Nous avons beaucoup de châteaux à visiter aussi, qui sont souvent entourés de forêts. 

Quels seraient tes conseils pour entendre ou voir des animaux dans les bois ?

Pour voir des animaux, il ne faut pas aller dans la forêt en pleine journée et il faut être silencieux. C’est au lever et à la tombée du jour que l’on en voit le plus. Le week-end dernier, j’étais dans la forêt de Chantilly à la fin de la journée, et j’ai vu une biche avec ses deux petits à quelque vingt mètres de moi, c’était merveilleux !
J’aime beaucoup observer les traces des animaux aussi, notamment les mares des sangliers. Ce n’est pas très difficile de repérer les marques laissées par les sangliers. Les bauges, ce sont des mares de boue dans lesquelles ils se vautrent. Quand on voit dans les bois des endroits tout retournés, on sait que des sangliers y sont passés. Les marques de chevreuil ou de cerf sont plus difficiles à percevoir. On peut les déceler en observant les feuilles grignotées. 

Y a-t-il un moyen d’apprendre à repérer les traces d’animaux ?

C’est avant tout un travail d’observation. Plus on se rend en forêt, plus on est attentif à l’environnement et plus on y arrive. On trouve beaucoup d’informations sur les sites naturalistes et je crois qu’il y a de plus en plus de guides qui proposent des promenades explicatives. Cela permet de découvrir la nature sous toutes ses formes. La demande est de plus en plus forte, donc beaucoup de guides développent ce genre de randonnées instructives.

 Le mot de la fin ?

Les sorties en forêt sont aussi très éducatives pour les enfants parce que cela enseigne beaucoup de choses sur le respect de la nature. On n’y laisse pas traîner ses déchets, par exemple. C’est une bonne manière de sensibiliser les enfants à la beauté et au respect. Aucun enfant n’aime trouver une forêt souillée !