Que font les arbres en hiver ?

L’hiver, les arbres nus dans le froid semblent s’être absentés du monde, comme soudain dévitalisés, pourtant, ils ne sont endormis qu’à moitié.

Vianney Renard

Directeur Forêt
Que font les arbres en hiver ?

L’hiver, les arbres nus dans le froid semblent s’être absentés du monde, comme soudain dévitalisés. Pourtant, il ne faut pas se fier aux illusions, ils ne sont endormis qu’à moitié, et de nombreux phénomènes ont lieu derrière une apparence d’immobilité et de dormance profonde.

En hiver, les arbres sont en dormance

Les scientifiques expliquent qu’en hiver, les arbres dorment à moitié. On appelle cela la dormance, soit une longue somnolence dans laquelle l’arbre se laisse sombrer dès l’automne et qui prendra fin un peu avant le printemps.

Les arbres plongent lentement dans la nuit

Dès l’automne, l’arbre se prépare à affronter l’hiver et le froid qui s’annoncent. Il doit protéger ses bourgeons, afin de croître de nouveau dès que les conditions météorologiques le lui permettront, soit au printemps. Il entre d’abord dans un état que l’on appelle de « paradormance », qui dure jusqu’à la fin du mois d’octobre. Tout est beaucoup plus long pour un arbre que pour un organisme tel que le nôtre, ou celui d’un animal. Lorsqu’il entre dans la phase « d’endodormance », il stoppe tout à fait sa croissance.

En dépit des apparences, les arbres travaillent l'hiver

Ce n’est pas parce que, d’un point de vue extérieur, il ne se passe rien, que tout est figé à l’intérieur de l’arbre en hiver. Si certains des mécanismes sont mis en veille par mesure de protection, d’autres au contraire s’enclenchent. Il s’agit des processus de protection contre le gel. Partout dans la plante, des pieds à la tête, dans les bourgeons, dans les rameaux, dans le tronc et dans les racines, il faut que l’arbre se prémunisse du gel qui pourrait sérieusement le blesser et endommager sa structure interne. Depuis ses racines jusqu’aux tissus conducteurs de son tronc et de ses branches, l’arbre maintient tous les mécanismes biologiques nécessaires à sa survie.

La respiration des cellules se poursuit, de même que la pousse des racines et, pour les arbres au feuillage persistant, la photosynthèse et la transpiration. Mais le plus faible ensoleillement et les températures plus basses ralentissent ces mécanismes.

Les arbres sont en lutte contre le froid

L’arbre mène une lutte active contre le froid et ses effets : le gel, tout particulièrement. Pour cela, il met en place différents mécanismes, tout à fait efficaces et intéressants. La dormance empêche le gel des jeunes tissus fragiles issus de la croissance en l’arrêtant ou la limitant fortement. L’endurcissement est un phénomène qui augmente la tolérance des cellules et des tissus de l’arbre au froid. Enfin, l’arbre met en place des mécanismes de réparation et de production des vaisseaux transporteurs de sève brute, qui auraient été endommagés par une embolie hivernale.

Car le gel peut avoir des effets brutaux sur les cellules et les canaux de l’arbre, comparables à ceux de canalisation que l’on aurait oublié de purger : les cellules sont menacées d’explosion, les rameaux de rupture, et le tronc de se fendre.

Et les arbres se réparent

Outre les phénomènes que l’arbre active pour se prémunir du froid, il profite de la saison basse pour réparer les dégâts qui lui ont été causés. L’arbre répare ainsi les vaisseaux transporteurs de sève brute et en crée de nouveaux. Les processus de réparation viennent en complément de ceux par lesquels les arbres se gardent du froid et de ses attaques. Leur rôle est d’empêcher la formation de bulles d’air lors des cycles de gel-dégel dans les vaisseaux qui transportent la sève brute, des racines jusqu’au sommet de l’arbre. Grâce à cela, la remontée de la sève au printemps se fera sans heurt.

Et c’est ainsi que l’arbre reprend des forces.