Les forêts sont-elles des puits de carbone ?

Les forêts comptent parmi les plus importants puits de carbone au monde, à condition qu'elles soient entretenues.

Géraldine Prot

Directrice Commerciale
Les forêts sont-elles des puits de carbone ?

On parle de puits de carbone au sujet d’un organisme qui absorbe du carbone présent dans l’air et le stocke de manière plus ou moins pérenne. Dans la nature, après les océans, ce sont les forêts, les tourbières et les prairies qui constituent les principaux puits de carbone. En captant une partie des gaz à effet de serre, les puits de carbone sont essentiels pour freiner les changements climatiques anthropiques.

Qu’est-ce qu’un puits de carbone ?

On nomme puits de carbone un réservoir capable de stocker le carbone naturellement présent dans l’atmosphère, notamment dans le dioxyde de carbone de l’air. Alors que le CO2 atmosphérique est désigné par les experts scientifiques comme l’un des principaux gaz causant un effet de serre, c’est-à-dire de réchauffement, par son effet cumulatif, certains organismes naturels ont la capacité de l’absorber et de le stocker en s’en servant pour croître. 
Des puits de carbone artificiels existent également ou sont à l’étude, mais il semble évident que les mécanismes naturels, qui renforcent notre lien avec la vie et qui nécessitent moins de constructions artificielles (lesquelles libèrent forcément du carbone dans l'atmosphère) sont les plus intéressants, et nos meilleurs alliés pour atteindre la neutralité carbone notamment fixée par la loi climat, mais qu’il est surtout impérieux d’atteindre pour endiguer les bouleversements climatiques et écologiques à l’oeuvre. 

Quels sont les principaux puits de carbone ?

Jusqu’à la fin du Carbonifère, qui est une période très lointaine, les principaux puits de carbone étaient formés par le charbon, le pétrole, le gaz naturel, les roches calcaires… au terme d’un très long et très lent processus de décomposition de certains matériaux qui ont enfoui dans les formations géologiques une grande partie du carbone de la biosphère. Ce cycle du carbone a été bouleversé, à l’ère Anthropocène, notamment par l’activité d’extraction des hommes. 
Si bien qu’aujourd’hui, les principaux puits de carbone capables d’absorber les immenses quantités de carbone que nous avons libérées sont les océans, les tourbières et les forêts
Comme les arbres, le plancton produit de l’oxygène en conservant une partie du dioxyde de carbone qu’il absorbe par le processus de photosynthèse. A lui seul, il produit plus de 50% de l’oxygène planétaire. Il est très important dans le stockage du CO2 car une grande partie de ce qu’il a capté comme carbone est fossilisée au fond de l’océan où il tombe, formant des sédiments. Ainsi, les roches sédimentaires du fond des océans sont une gigantesque réserve de carbone. 
A elles seules, les tourbières stockent deux fois plus de carbone que toutes les forêts du monde soit 75% du carbone de l’atmosphère et 30 % du carbone des sols du monde entier. Elles ne représentent pourtant que 3% des terres émergées de la planète. Mais ces zones humides sont en voie de disparition.
Les forêts sont un puits de carbone naturel indispensable à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Lors de sa croissance, un arbre absorbe du CO2 qu’il transforme par le processus de photosynthèse, conservant le carbone et rejetant l’oxygène. Les arbres créent ainsi l’O2 dont nous avons besoin en gardant dans leur structure le CO2 dont ils ont besoin. Environ la moitié d’un arbre est chimiquement composée de carbone, c’est dire si les arbres en ont besoin, et s’ils peuvent activement contribuer à stocker le surplus de carbone présent dans l’air. 

Comment favoriser la séquestration du carbone ?

Il existe plusieurs manières de favoriser la séquestration de carbone sans avoir recours à de nouvelles technologies, en se servant habilement des qualités de la nature. Il convient tout d’abord de protéger la nature. Le plancton, qui est un puits de carbone incommensurable, et le plus important pour notre survie, est menacé par la pollution, le réchauffement climatique et l’acidification des océans. Des scientifiques cherchent à déterminer toutes les causes de la raréfaction du plancton, mais il est déjà évident que l’activité humaine en est en partie responsable, et que nous pouvons jouer un rôle dans la préservation de l’écosystème sous-marin en prenant garde à nos modes de vie et de consommation.
Une autre manière de favoriser la séquestration du carbone est de participer activement à l’élaboration et l’entretien de puits de carbone naturels. Ce peut être fait en soutenant des initiatives de préservation et de réhabilitation de la biodiversité : tourbières, prairies humides…
Mais aussi par la gestion durable et la préservation des forêts. Nous venons de voir combien les arbres sont importants pour absorber les milliards de tonnes de carbone que nos actions rejettent, par l’extraction des réserves naturelles de carbone mais aussi par nos activités industrielles et technologiques. Il est donc aujourd’hui primordial, non pas tant d’en planter des milliards comme il a été proposé, mais d’entretenir ceux qui poussent et ont déjà absorbé et stocké du CO2. 
Une forêt non entretenue où les arbres dépérissent peut rejeter davantage de carbone dans l’air qu’elle en stocke. Pour que les forêts soient des puits de carbone efficaces, il faut qu’elles soient entretenues et que le bois qu’elles produisent soit utilisé dans une filière de valorisation, comme la construction bois, l’ameublement et tous autres artisanats ou industries qui emploient le matériau bois sur le long ou très long terme. Alors, les arbres sont des puits de carbone efficients pour plusieurs dizaines ou centaines d’années.