Le nombre d’espèces menacées de disparition ne cesse d’augmenter

Au rythme actuel, un être humain pourrait voir disparaître de la surface de la Terre une quinzaine d’espèces de mammifères, tout au long de sa vie.

Juliette Chrétien

Chargée de partenariats entreprises
Le nombre d’espèces menacées de disparition ne cesse d’augmenter

Alors qu’en temps normal, nos vies humaines devraient être trop courtes pour que nous assistions à l’extinction d’une espèce, nous pouvons hélas en compter plusieurs par décennies. A ce rythme, un être humain pourrait voir disparaître de la surface de la Terre une quinzaine d’espèces de mammifères, tout au long de sa vie. Ce terrible constat est dû à six causes majeures qui sont l’effet de l’homme : les maladies, l’introduction d’espèces invasives, le morcellement de l’habitat, la disparition de l’habitat, le braconnage et la déforestation. Le remède à ce grand péril se trouve dans les causes. Cessons de détruire la nature et favorisons le développement de la biodiversité.

Anthropocène, ère délétère ?

Un certain nombre de scientifiques s’accorde sur la dénomination d’Anthropocène pour caractériser l’ère géologique si particulière que nous traversons : il s’agit ainsi de définir notre temps par l’action de l’Homme sur la nature. En effet, si le réchauffement climatique n’est pas uniquement dû à l’action des hommes, il l’est en partie, et ceux-ci l’accélèrent largement. C’est dire si aujourd’hui l’action de l’Homme est en rivalité avec celle de la nature. Mais il n’y a peut-être pas lieu de s’en gonfler d’orgueil, au vu des désastres écologiques que produisent les actions humaines. 
On considère ainsi, grâce à l’observation des fossiles, qu’avant l’apparition des hommes, une seule espèce de mammifère s’éteignait à chaque millénaire. Au cours de la dernière décennie, la chauve-souris Pipistrellus murrayi et le rat Melomys rubicola, qui étaient originaires des îles d’Australie, ont disparu. Cela porte à deux le nombre d’espèces de mammifères disparues en dix ans. Et le pire est que cela ne fait qu’aller de plus en plus vite, si bien qu’un récent rapport intergouvernemental sur la crise de la biodiversité estime que l’extinction menace près d’un million d’espèces animales et végétales dans le monde. Ce n’est pas tout à fait rien. 
De cela, l’Homme est le principal responsable, à cause de son mode de vie. Mais il est également capable de résoudre les problèmes qu’il pose et de corriger ses erreurs, pour peu qu’il en ait la réelle volonté. Les générations futures jugeront si l’Anthropocène doit être surnommée ère délétère ou si nous avons été capables de relever le défi que notre présence a imposé.

Vers une extinction de masse ?

Le déclin des insectes est déjà très préoccupant, et il entraîne naturellement celui d’autres espèces, qu’il s’agisse de plantes, d’oiseaux, ou de mammifères, car dès qu’un maillon de la chaîne alimentaire vient à disparaître, tout l’équilibre en est menacé. 
Selon un rapport intergouvernemental sur la biodiversité, un million d’espèces animales et végétales serait menacé d’extinction
C’est le tigre de Chine méridionale (Panthera tigris amoyensis) que l’on n’a plus vu dans la nature depuis dix ans et qui est en passe de devenir la quatrième sous-espèce de tigre à disparaître. C’est encore l’anguille d’Europe, l’orang-outan de Sumatra, mais également nombre d’amphibiens qui sont touchés par une maladie due à un champignon dévastateur. Depuis les années 80, le chytridiomycète dévaste les populations mondiales d’amphibiens, dont 500 espèces ont été touchées et 90 ont déjà sans doute disparu. 
L’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) a déjà placé 31 000 espèces d’animaux et de plantes sur sa liste rouge, ce qui signifie qu’elles sont en danger critique d’extinction, mais beaucoup de scientifiques estime que les chiffres sont sous-estimés, puisque toutes les espèces ne sont pas répertoriées. 

Les raisons de la disparition de la biodiversité

On peut résumer en six points les raisons pour lesquelles tant d’espèces sont en danger de disparition. La première menace qui pèse sur elles est la maladie, ainsi que l’exemple des amphibiens nous le démontre. La deuxième menace est l’introduction d’espèces invasives qui prennent la place des espèces autochtones. Le cagou, qui est un échassier originaire de Nouvelle-Calédonie quasiment incapable de voler, est en train de disparaître, victime des animaux introduits par les colons depuis le XVIIIe siècle, étant une proie facile. 
Le morcellement de l’habitat est la troisième cause de disparition des espèces dont l’espace vital se trouve réduit, et qui ont ainsi beaucoup plus de difficultés à se nourrir, chasser ou se reproduire, quand elles ne sont pas directement menacées par la vie des hommes (accidents de la route, empoisonnement, etc). 
La disparition de l’habitat est encore une cause différente de l’extinction de nombreuses espèces. Les insectes sont largement touchés par l’amenuisement des prairies ou des espaces sauvages où ils trouvent naturellement à se nourrir et se reproduire. C’est le cas d’un grand nombre de papillons, notamment d’espèces fabuleuses d’Amérique qui se sont éteintes depuis les années 1950, sous le coup de l’industrialisation et de la mise en ordre de la nature, dans une optique d’agriculture intensive. 
L’avant-dernier danger qui pèse sur les espèces animales vient du braconnage, dont nous déplorons encore les effets dramatiques. La population des éléphants d’Asie a ainsi été divisée par deux en un siècle, les pachydermes étant toujours chassés pour leur ivoire, leur viande et leur peau. 
Enfin, la déforestation est l’un des dangers majeurs dans certaines parties du monde. Certains lémuriens arboricoles n’ont ainsi plus aucune chance de survie lorsque les forêts sont rasées, comme c’est le cas à Madagascar qui a perdu 80% de sa forêt. Les orangs-outans sont également victimes de la disparition des forêts tropicales
Pour la sauvegarde des espèces, encourageons l’afforestation et respectons la nature.