Le geai des chênes n’est pas un oiseau nuisible

Comme tous les corvidés, le geai des chênes peut être prédateur et s’attaquer au nid d’autres oiseaux, mais cet oiseau omnivore contribue à l’écosystème forestier.

Vianney Renard

Directeur Forêt
Le geai des chênes n’est pas un oiseau nuisible

Comme tous les corvidés, et comme d’autres espèces d’oiseaux forestiers, le geai des chênes peut être prédateur et s’attaquer au nid d’autres oiseaux. C’est pourtant un oiseau omnivore, qui contribue à l’écosystème forestier. Et il a été démontré que plus le couvert forestier était fragmenté, plus il pillait de nids. Dans une forêt assez fermée et épaisse, l’oiseau se comporte normalement. Voici pourquoi il est essentiel de préserver les écosystèmes naturels.

Geai des chênes, qui es-tu ?

Ce corvidé est un passereau de taille moyenne. Contrairement à la plupart de ses cousins de la famille des corvidés, le geai des chênes a un plumage coloré strié de noir et de blanc sur la tête. Il porte une huppe érectile, et une bande noire sous l'œil qui fait croire qu’il porte des moustaches noires
Son corps est de couleur brun rosé sur le dessus et brun plus clair sur le dessous. La queue du geai des chênes est noire, son croupion et son bas-ventre blanc, les rémiges primaires de ses ailes bleu vif et noires. Cette espèce n’a pas de dimorphisme sexuel, et mâles et femelles portent le même plumage. 
Le geai des chênes Garrulus glandarius est très présent en France, au Maghreb occidental, dans toute l’Europe et toute l’Asie. 

Comportement du geai des chênes

Comme pour les autres corvidés, on ne parle pas de chant mais plutôt de cri chez le geai, ce qui peut aussi expliquer la mauvaise réputation dont il souffre. Bien que son répertoire vocal soit très riche, il pousse la plupart du temps un "krreehh" sonore, rapeux et éraillé qui n’est pas agréable du tout à l’oreille humaine. 
Il met toutefois en avant la richesse de son répertoire vocal à la fin de l’hiver, au moment de la formation des couples et lors de la période de reproduction. Il est également capable d’imiter parfaitement d’autres oiseaux, notamment la buse variable. 
Appelé geai des chênes, il est toutefois forestier principalement en période de reproduction. Alors, il occupe tout type de forêts, avec une prédilection pour les forêts de feuillus du type chênaie ou chênaie-hêtraie. On peut néanmoins le trouver dans des forêts mixtes ou des forêts de conifères, suivant l’altitude et le type de régions. C’est un oiseau qui s’adapte très bien à son environnement. Ainsi, on le rencontre également dans les parcs ou bosquets d’aspect forestier, et hors de sa période de reproduction, il s’adapte aux milieux semi-ouverts, aux bocages, jardins, vergers, milieux agricoles où l’on trouve des haies et jardins publics en ville. 

Caractère du geai des chênes

Craintif et prudent, on l’entend plus qu’on ne le voit et il se tient toujours à bonne distance des hommes. On n’entre pas impunément sur son territoire, et toute la forêt en est informée par ses cris rauques et stridents. 
De la même façon, si la martre des pins, redoutable prédateur des oiseaux forestiers, se présente, le geai des chênes en informe immédiatement tous les environs. En revanche, lorsque l’ombre d’un autour des palombes ou autre Accipiter plane au-dessus de lui, le geai des chênes se fait discret et timoré. Il peut lui arriver à cette occasion d’imiter le cris de la buse ou d’un autre rapace pour tromper son prédateur. 
Monogame, il commence sa parade nuptiale en mars et toute la forêt résonne des cris des mâles. Mais dès que le piaf a trouvé sa partenaire, il s’isole avec elle et se fait tout discret. La forêt retrouve un calme momentané.

Que manges-tu, geai des chênes ?

Omnivore, le geai des chênes se constitue des réserves de graines de céréalesà l’automne, et on le voit alors voler le jabot empli de glands des chênes et de faînes de hêtres dont il est friand et qu’il enfouit sous la mousse ou la litière de feuilles mortes
Comme ses autres congénères de la famille des corvidés, il est pourvu d’une excellente mémoire visuelle et capable de retrouver en hiver ses réserves de nourriture même sous la neige. Mais comme beaucoup d’animaux, il engrange plus qu'il ne peut manger, et c’est ainsi qu’il participe à la régénération des forêts, en laissant germer les graines délaissées. 

Le geai des chênes n’est pas nuisible

Sa mauvaise réputation lui vient non seulement du fait qu’il lui arrive de piller certaines plantations de maïs, s’empoisonnant parfois malheureusement à cause des néonicotinoïdes, mais aussi qu’il lui arrive de se servir dans les nids de petits passereaux. Il est capable d’attraper un œuf avec une très grande vivacité et même de petits oisillons, s’il fait pour lui grand faim. 
Ces attaques lui ont donné le surnom de nuisible, or le geai des chênes n’est pas considéré comme un oiseau nuisible. En effet, il participe à la régulation des populations d’oiseaux, mais aussi à la régénération des forêts et il faut savoir que selon les expériences qui ont été menées, il s’attaque moins aux nids d’autres oiseaux quand les forêts sont épaisses et bien fermées. 
C’est ainsi le morcellement des espaces forestiers qui pousse le geai des chênes à se muer en vilain prédateur. Préservons des forêts denses, riches, diversifiées et où la biodiversité est forte, et le geai des chênes aura un comportement approprié. 
Il s’agit d’initier un cercle vertueux, et c’est à quoi nous travaillons dans nos forêts.