Tout savoir sur l’Alisier de Fontainebleau

L’Alisier de Fontainebleau est une essence endémique de l’Europe de l’Ouest que l’on suppose être le fruit d’un hybride fixé depuis longtemps.

Vianney Passot

Secrétaire général
Tout savoir sur l’Alisier de Fontainebleau

Cet arbre dont l’origine est encore discutée, l’Alisier de Fontainebleau Sorbus latifolia, n’est pas vraiment rare en Europe de l’Ouest, mais pourtant protégé. Pour les scientifiques, il demeure une énigme.

D’où vient l’Alisier de Fontainebleau ?

Ce petit arbre de la famille des Rosaceae, que l’on appelle aussi Sorbier à larges feuilles, fait partie du genre Sorbus. Il est considéré depuis longtemps comme un hybride fixé de l’Alisier blanc (Sorbus aria) et de l’Alisier torminal (Sorbus torminalis) mais sans véritable certitude scientifique. 
Par hybride fixé, on décrit une essence d’arbre dont les graines sont viables, qui peut donc se reproduire, bien qu’il soit le fruit de deux autres essences originelles. Depuis les années 1650, cet alisier est connu dans la forêt de Fontainebleau, où il a été observé et décrit. C’est la raison pour laquelle il est aujourd’hui nommé Alisier de Fontainebleau, bien qu’on le trouve en maints autres lieux, et pour ainsi dire presque dans toute l’Europe de l’Ouest. Il reste abondant dans le Gâtinais et le massif de Fontainebleau et bien qu’il soit sur la liste des espèces protégées, il n’est pas menacé de disparition. Toutefois, étant présent en beaucoup d’endroits mais en petite quantité, c’est une essence à surveiller. 

Caractéristiques et description de l’Alisier de Fontainebleau

La possibilité que de nouveaux hybrides se créent régulièrement sans pour autant se fixer rend parfois difficile la reconnaissance de l’Alisier de Fontainebleau et augmente les chances de confusion. C’est toutefois avec l’Alisier de Suède qu’il est le plus souvent confondu. Celui-ci est assez fréquemment planté dans les parcs et les jardins ou au bord des rues. Mais les feuilles de l’Alisier de Suède sont plus blanches au-dessous, ont des lobes plus arrondis et plus réguliers le long du limbe, et les nervures sont plus serrées, les fruits plus rouges. Cet arbre n’est pas très grand, il peut mesurer jusqu’à 15 mètres de haut, mais s’en tient généralement à des hauteurs beaucoup plus humbles de 3 à 5 mètres. 
C’est un arbre à feuilles caduques, dont l’écorce est grise, lisse et devenant plus rugueuse et brunâtre avec l’âge. Ses feuilles sont alternes, pétiolées, larges, assez arrondies, glabres au-dessus mais pubescentes sur la face intérieure, de couleur vert-gris et d’une consistance cotonneuse. Elles sont comme tronquées à la base, à bords découpés en lobes aigus, dentés, de taille décroissante vers le sommet, comptant 5 à 10 paires de nervures très marquées sur la face.
Ses fleurs petites et blanches se présentent en corymbes avec de longs pédoncules. Elles apparaissent au printemps, aux mois de mai et juin, puis les fruits se forment à la fin de l’été et au début de l’automne. Ils sont appréciés par les oiseaux et certains petits mammifères. 

Habitats de l’Alisier de Fontainebleau

Si cet alisier est l’un des arbres de la forêt de Fontainebleau, on le trouve également au sud de l’Allemagne et de la Belgique au Portugal en passant par l’Espagne. En France, il est assez présent dans le Bassin parisien mais encore dans le Sud, en Alsace, en Lorraine, dans le Berry et en Bourgogne. 
Cet arbre est pourtant assez disséminé dans les massifs forestiers où sa présence est attestée, si bien qu’il faut un œil curieux et très observateur pour le trouver. Essence héliophile, il pousse bien sur des sols neutres ou légèrement acides et ne monte pas très haut en altitude. Il apprécie particulièrement les bois clairs, les lisières, les coteaux et les plateaux argilo-calcaires. Il n’est aujourd’hui menacé que d’être clairsemé, mais les changements climatiques en cours pourraient changer la donne dans les décennies qui viennent.