Hirondelle rustique : elle menace de ne plus faire le printemps

L’hirondelle rustique est menacée, comme bien des espèces, à cause des activités humaines : insecticides, disparition des haies, braconnage, urbanisation…


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Hirondelle rustique : elle menace de ne plus faire le printemps

Un tiers des oiseaux a disparu de nos campagnes en dix-sept ans, et l’hirondelle n’est pas épargnée. Les causes de ces disparitions sont multiples, mais toutes dues aux activités des hommes : insecticides, disparition des haies, braconnage, urbanisation… Sauvegarder la biodiversité, c’est sauver nos oiseaux. Donc, sauver nos insectes. Saviez-vous qu’une hirondelle peut manger 3000 moustiques par jour ?

Reconnaître l’hirondelle rustique

L’hirondelle fait le printemps dit-on, parce que cet oiseau migrateur ne vient s’installer en nos contrées que lorsque la température, au-dessus de 10°C, permet aux insectes de vivre, donc à l’oiseau de se nourrir
Hirundo Rustica est de l’espèce des passereaux. Elle vit en Europe, en Asie, en Afrique et en Amérique. On la nomme aussi hirondelle de cheminée ou hirondelle des granges parce qu’elle fait son nid de terre séchée et de salive sous les toits, sur les poutres des maisons, dans des granges ou des maisons ouvertes, dans les villes ou les campagnes lorsque la chaleur fait ouvrir les bâtiments aux hommes. On la reconnaît à sa longue queue fourchue, qui la distingue notamment du martinet, et à sa gorge couleur rouge brique, qui la différencie des autres espèces d’hirondelles. On dénombre six sous-espèces d’hirondelle rustique qui, toutes, se reproduisent dans l’hémisphère nord. Quatre d’entre elles sont migratrices. Elles hivernent dans l’hémisphère sud, et peuvent parcourir 10 000 kilomètres pour venir se reproduire dans les pays tempérés comme le nôtre. En Bretagne, l’hirondelle fait toujours son nid dans les cheminées fumoirs, d’où son surnom d’hirondelle des cheminées
Mesurant de 17 à 19 cm de long, pour le mâle, son envergure peut atteindre les 35 cm et elle pèse à peine plus de 20 grammes. Sa queue, largement échancrée, est très effilée aux deux extrémités et ornée d’une rangée de taches blanches que l’on peut voir lorsqu’elle vole. Et elle vole beaucoup ! C’est ainsi qu’elle se nourrit et s’abreuve, c’est même en volant qu’elle se baigne. Infatigable, elle peut faire des pointes à 100 km/h pour atteindre ses proies, qui sont des nuées d’insectes

L’hirondelle, un insecticide naturel

Cet oiseau commun de nos campagnes est un insectivore aérien. Se nourrissant de mouches, de moustiques, de pucerons, de papillons, de fourmis volantes, elle est tributaire des populations d’insectes. Or, nous savons que les populations d’insectes ne cessent de diminuer, principalement à cause des insecticides. Nous avons tous remarqué combien les pare-brises des voitures sont chaque année de moins en moins mouchetés d’insectes écrasés lorsque nous prenons la route des vacances au printemps ou en été. Les roselières sont également une ressource de nourriture importante pour les hirondelles rustiques, ces écosystèmes particuliers en bordure de lacs, d'étangs, de marais ou de bras morts de rivière où poussent des roseaux, abritant d’importantes populations d’insectes. Mais comme la plupart des zones humides, les roselières sont en forte régression.
Une hirondelle effectue environ 400 allers-retours quotidiens à une moyenne de 60 km/h pour approvisionner sa progéniture en insectes cueillis au vol, lorsqu’elle est installée chez nous où ses petits verront le jour. On comprend ainsi le rôle primordial qu’elle joue dans la régulation des populations d’insectes. Vivant en bonne entente avec les hommes depuis fort longtemps, elle aime suivre les tracteurs qui remuent la terre et font s’élever les insectes dans les airs. Elle aime aussi profiter de leurs maisons et de leurs granges pour y nicher. Mais lorsque les hommes tuent les insectes avec des produits chimiques, ils l’empêchent de survivre. C’est ainsi que la moitié des hirondelles a disparu de certaines régions françaises.

L’hirondelle : une espèce menacée par l’homme

Les chiffres sont impressionnants. Dans le ciel d’Europe, 421 millions d’oiseaux ont disparu et ce ne sont pas leurs cris qui nous en avertissent, plus précisément leur silence. En dix-sept ans, nous avons perdu 30% du nombre total d’oiseaux. Sur les 308 espèces nicheuses qui se reproduisent en France métropolitaine, un tiers est menacé, alors que ce n’était qu’un quart en 2008. Les causes en sont multiples. La forme d’agriculture que nous avons adoptée a décimé nos patchworks paysagers, détruisant prairies, zones humides et forêts pour étendre de vastes étendues de champs cultivés avec de la chimie. Un grand nombre de jachères et de chaumes ont été détruits, où picoraient les passereaux, et quand ce ne sont pas les insecticides qui réduisent à rien la subsistance des oiseaux comme les hirondelles, ce sont les néonicotinoïdes qui empoisonnent directement les oiseaux
Un autre danger qui guette les hirondelles est l’urbanisation. Si l’hirondelle rustique s’est longtemps adaptée à la présence des hommes, c’est qu’elle pouvait tirer profit de sa manière de cultiver la terre et de construire ses habitations. Mais aujourd’hui, le béton, les constructions de plus en plus droites, rectilignes et opaques, qui ne laissent plus d’anfractuosité, de greniers, de poutres ou de cheminées où nicher pour ces petits oiseaux, les condamnent à ne plus savoir où s’installer. 
Si nous voulons que l'hirondelle continue de faire le printemps en France, où elle aime particulièrement la douceur du climat et les bontés que la terre lui procure pour venir se reproduire dès la fin de l’hiver, nous devons réhabiliter les zones humides, remettre des haies aux bordures des champs, laisser des terres en jachère, favoriser la biodiversité, les plantations d’arbres et de plantes mélangées, freiner l’étalement urbain, laisser des nichoirs aux oiseaux et, surtout, cesser de détruire les insectes par l’épandage d’insecticides. L’hirondelle compte parmi les meilleurs insecticides que l’on ait. Et c’est un insecticide naturel, qui ne coûte rien à personne, au contraire !
 

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