Le frelon asiatique est-il une menace pour les abeilles et la biodiversité ?

Débarqué de Chine à Bordeaux en 2004, le frelon asiatique s’est rapidement adapté, colonisant toute la France et une partie de l’Europe en une décennie.


Directeur Général Délégué
Le frelon asiatique est-il une menace pour les abeilles et la biodiversité ?

Probablement débarqué de Chine à Bordeaux en 2004, le frelon asiatique s’est rapidement adapté, colonisant toute la France et une partie de l’Europe en une décennie. Finalement reconnu comme danger sanitaire de 2e catégorie pour l’Abeille domestique par un arrêté ministériel de décembre 2012, il a été classé au début de 2013 « espèce exotique envahissante » au titre du code de l'environnement. Comment le reconnaître, et quel est son impact sur la biodiversité ?

Comment reconnaître le frelon asiatique ?

Vespa velutina, aussi appelé frelon à pattes jaunes, est une espèce d'hyménoptère de la famille des vespidae, de la sous-famille des vespinae et du genre vespa. C’est la sous-espèce de couleur noire, vespa velutina nigrithorax, qui a été introduite en France. On la reconnaît assez facilement à sa couleur foncée, alors que guêpes et frelons européens ont davantage de jaune sur l’abdomen. Le frelon asiatique a un abdomen noir strié d’une large bande orange et d’un liséré jaune sur le premier segment. Vue de face, sa tête est orange et ses pattes jaunes aux extrémités. Il peut mesurer plus de 3 cm. 
Le frelon d’Europe, appelé vespa crabro, est plus grand et plus coloré, ayant un abdomen quasiment tout jaune, à l’exception d’une bande noire. Leurs nids diffèrent également. Celui du frelon asiatique est beaucoup plus volumineux, de forme sphérique, composé d’un agrégat de bois tendre et d’écorces collées par une sorte de papier mâché. Il est souvent installé en haut des arbres, jusqu’à 30 mètres de hauteur, mais peut aussi trouver place sous des toitures ou dans des habitations, le frelon asiatique étant opportuniste. Dernier détail, alors que le nid en forme de poire du frelon européen est systématiquement ouvert vers le bas, celui du frelon asiatique comporte toujours une ouverture sur le côté. Dans ce nid qui peut atteindre 1,20 mètre de haut, 13 000 individus peuvent cohabiter : frelons, reines, larves

Le frelon asiatique : une menace pour les abeilles

Vespa velutina nigrithorax ne causant pas de dégâts en France, il ferait partie de ces espèces exotiques devenues invasives mais peu dangereuses. Ce n’est toutefois pas le cas, car il ravage les vergers et, presque sans prédateur, s’attaque férocement aux insectes, notamment aux abeilles domestiques (apis mellifera). En ville, les abeilles butineuses constituent 80% du régime alimentaire du frelon asiatique, et 45% dans les campagnes. Et quand il ne parvient pas à les tuer pour les donner en pitance à ses larves, les abeilles sont si stressées qu’elles ne parviennent plus à récolter assez de pollen pour passer l’hiver. Or, nous savons combien les abeilles sont essentielles à la pollinisation des plantes et à la production de notre nourriture
Il faut voir le frelon asiatique se mettre en vol stationnaire à l’entrée des ruches pour s’élancer contre les abeilles qu’il attrape par au-dessus puis décapite, nourrissant ses larves de l’abdomen des insectes pollinisateurs.
Mais le frelon asiatique s’attaque aussi aux guêpes, aux mouches, aux papillons et aux araignées, ce qui en fait une menace pour l’équilibre de la biodiversité européenne.

Lutter contre le frelon asiatique pour préserver la biodiversité

A ce jour, il n’existe pas de plan de lutte européen ou même français, contre cette espèce exotique envahissante, reconnue comme un danger sanitaire de deuxième catégorie pour l’abeille domestique. L’Etat français laisse aux autorités locales le soin de mettre en place des plans de lutte contre son expansion fulgurante. Il faut dire qu’à partir de la mi-juin, lorsque la fondatrice a pondu, nourri et élevé assez d’ouvrières pour qu’elles la nourrissent en retour, elle pondra chaque jour une centaine d’oeufs ! D’abord des ouvrières, puis des mâles et des femelles qui fonderont leurs propres colonies, bien que 90% d’entre elles ne survivent pas à l’hiver et aux luttes qu’elles se livrent pour s’installer sur un territoire. 
Le frelon asiatique ayant très peu de prédateurs en Europe et se reproduisant rapidement, son aire de répartition s’étend inexorablement. Quelques oiseaux seulement comme la pie-grièche écorcheur, le guêpier d’Europe, les mésanges et la bondrée apivore s’y attaquent. Mais c’est bien peu au regard du nombre de frelons rapidement atteint par un nid. 

Dangereux comme un frelon européen

S’il n’est pas plus dangereux pour l’homme qu’un frelon européen, le frelon asiatique pose problème à la biodiversité et plusieurs techniques de destruction de son habitat ont été mises en place, avec des résultats plus ou moins concluants. Il est bien entendu impensable de s’attaquer seul à un nid de frelon asiatique. Plusieurs personnes sont décédées de la suite de piqûres de ce frelon en France. C’est pourquoi des sociétés sont spécialisées dans la destruction des nids, car les pompiers n’interviennent qu’en cas de menace directe sur une population. Il est recommandé de détruire les nids du printemps à l’automne, car en hiver ils sont vides. C’est surtout vers mi-juillet que la destruction du nid est efficace, avant que les frelons mâles et femelles ne se reproduisent et aillent fonder de nouvelles colonies. Plusieurs techniques de piégeage des frelons ont également été tentées, mais beaucoup détruisent toute sorte d’insectes dans le même temps. C’est pourquoi le Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN) recommande la destruction des nids, seule solution qui préserve les autres insectes. 
Il est également possible de protéger les ruches d’abeilles par un grillage qui empêche le frelon asiatique d’y pénétrer et d’y causer des ravages. Certains paysans ont remarqué que les poulets pouvaient être de redoutables prédateurs des frelons asiatiques et proposent d’installer les ruches dans un poulailler. Enfin, le MNHN, en collaboration avec le Jardin des Plantes de Nantes, a remarqué qu’une plante carnivore attirait particulièrement le frelon à pattes jaunes et qu’elle pourrait venir au secours des apiculteurs. 
Ce sont toutes ces mesures, mises bout à bout, et les efforts de chacun, qui peuvent permettre de freiner la terrible expansion du frelon asiatique
 

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