La forêt est notre avenir

Conscientes du réchauffement climatique et du rôle des forêts pour l’endiguer, les entreprises soutiennent des projets de reboisement.

Pierre-François Dumont Saint Priest

Directeur Général Délégué
La forêt est notre avenir

Conscientes à présent des effets du réchauffement climatique induit par leur activité, et que les forêts sont le premier puits de carbone terrestre, les entreprises doivent être les premières à soutenir des projets de soutien à la forêt. Parce qu’elles ont la possibilité de mener des projets d’envergure et qu’elles doivent contrebalancer la richesse que produisent leurs activités en émettant des gaz à effet de serre, c’est à elles qu’il revient de montrer l’exemple, avec les Etats, pour sauver la biodiversité.

Planter des arbres pour sauver notre avenir

Au cours de son Histoire, l’homme a rarement planté des arbres. Il a plus précisément déployé une énergie phénoménale à ouvrir les vastes espaces boisés qui semblaient s’être fermés sur lui, après une longue période pendant laquelle il avait vécu dans des plaines où le grand gibier était abondant. On pourrait donc dire que reboiser la Terre n’est pas un acte naturel. Mais on doit bien accepter que peu d’espaces “naturels” demeurent sur notre planète. L’homme a déployé son énergie à peu près partout désormais, modelant les paysages et façonnant le monde.
Les plus romantiques d’entre nous regretteront ce temps idéalisé où la Terre était vierge de toute trace humaine, mais puisque l’homme n’y était pas, nul ne pouvait voir si cela était bon. Les plus idéalistes d’entre nous appelleront peut-être l’homme à laisser la nature retourner à son état sauvage. Mais avons-nous réellement envie de recommencer à nous suspendre aux branches des arbres ? Non, nous sommes conscients du bien-être que nous offre le développement de nos sociétés, ce qui ne nous empêche pas de connaître les limites de notre développement, et l’envers de la médaille. L’envers, c’est le dépérissement de certaines espèces et la dégradation de notre milieu naturel. C’est une atmosphère qui se réchauffe beaucoup trop vite et une biosphère qui change à toute vitesse. 
En tout cela, rien n’est naturel, mais puisque l’homme a le pouvoir d’agir sur la nature, il a le devoir de réparer ses erreurs. Planter des forêts n’est donc pas naturel, mais c’est aujourd’hui indispensable.

Un état d’esprit vert au quotidien

Pour contrer le réchauffement climatique, le GIEC préconise de planter pas moins d’un milliard d’hectares de forêts dans le monde. Les nations unies sont elles-mêmes mobilisées pour soutenir de nombreux projets, notamment ceux de forêts urbaines en Afrique et en Asie, afin de contenir la hausse des températures
Mais c’est aussi à nous qu’il revient d’agir. A nous entreprises qui avons un grand pouvoir sur le monde. Dans chacune de nos actions quotidiennes, dans chacune de nos décisions, nous devons “penser vert”. C’est-à-dire qu’aucune de nos prises de décision ne devrait se faire sans avoir l’avenir du monde à l’esprit. Cela ne requiert pas de planter un arbre à chaque geste que nous faisons, mais de penser constamment qu’il faut favoriser la biodiversité sous toutes ses formes, et que cela peut prendre différents visages, qui tous conduisent au même but. 
La mise en place d’activités de valorisation de la nature, ou de séminaires d’informations, ou encore de réduction de ses déchets quotidiens n’est pas moins importante que la plantation de milliards d'arbres à travers le monde, car l’une sans l’autre n’aurait pas beaucoup de sens et ne suffirait pas. Chacun doit prendre garde à son environnement, mais les entreprises, en ce qu’elles sont des cellules inhérentes à la construction de nos sociétés industrielles et de service, ont un rôle primordial dans la réhabilitation d’une écologie du quotidien.

Reboiser le monde

Le réchauffement climatique est en train de devenir l’une des plus importantes causes de mortalité dans le monde. Une étude scientifique indique qu’il pourrait bientôt causer plus de décès que toutes les maladies infectieuses réunies. C’est dire si nous avons là un problème sérieux. 
Or, nous ne connaissons pas de meilleur climatiseur naturel que les arbres. Il faut planter des forêts, mais aussi entretenir celles qui sont déjà existantes. Il faut soigner le présent et préparer l’avenir. Trop de forêts sont peu ou mal entretenues à travers le monde, et cela pose d’immenses problèmes. Une forêt laissée à l’abandon peut dégager plus de CO2 qu’elle n’en absorbe. Elle a également beaucoup de chances de prendre feu et d’émettre des gaz à effet de serre qu’il lui faudra des décennies, voire des siècles, pour emmagasiner de nouveau. 
A contrario, une forêt entretenue adoucit le climat, favorise les précipitations, contient l’érosion des terres et l’avancée des déserts. Elle régule les températures et favorise le développement de la biodiversité, qui contribue elle aussi au développement des forêts. Rappelons que la faune sauvage est aussi essentielle au déploiement des forêts, par le transport des graines, que les abeilles à la pollinisation
Les entreprises peuvent donc oeuvrer non seulement à une prise de conscience écologique du quotidien mais aussi au reboisement indispensable en soutenant des projets concrets et mis en place en toute transparence. Combien de CO2 absorbent nos forêts, nous pouvons le déterminer, mais cela ne suffit pas à quantifier tous les services écosystémiques qu’elles nous rendent.
Plus encore, les entreprises le doivent, parce qu’elles génèrent de grandes quantités d’émissions de gaz à effet de serre, de par leur activité, ensuite parce que la richesse qu’elles produisent leur donne la capacité d’agir, enfin parce qu’elles sont souvent plus agiles et donc proactives que les Etats. La santé de nos forêts conditionne notre avenir. Les entreprises ne doivent pas rater ce virage.