Coronavirus : chloroquine, feuilles de tabac, le pouvoir des plantes

Les Chinois étudient la chloroquine pour soigner les malades du coronavirus, tandis qu’un laboratoire planche sur un vaccin utilisant des plants de tabac.

Juliette Chrétien

Chargée de partenariats entreprises
Coronavirus : chloroquine, feuilles de tabac, le pouvoir des plantes

Alors que les Chinois ont mené une nouvelle étude sur la chloroquine pour soigner les malades atteints du coronavirus, une filiale de British American Tobacco planche sur un vaccin utilisant des plants de tabac. Les plantes et les arbres n’ont pas fini de nous surprendre.

Un nouvel espoir pour la chloroquine

Nous savons désormais que c’est au quinquina, ce petit arbre à feuillage persistant originaire de la Cordillère des Andes, que nous devons la quinine, qui a notamment permis de lutter efficacement contre le paludisme. Depuis plusieurs semaines, on se demande si la chloroquine, molécule chimique qui reproduit les effets de la quinine naturelle, serait efficace dans la lutte contre l’épidémie de coronavirus qui affecte le monde entier.
Après maints rebondissements, nul ne peut encore affirmer qu’il s’agirait là d’un remède miracle. Une étude chinoise vient toutefois d’être publiée, qui montrerait des effets positifs sur la lutte contre la pneumonie due au Covid-19.
C’est ainsi que 80% des patients ayant reçu un traitement à l’hydroxychloroquine auraient un bilan nettement meilleur, après cinq jours de traitement. Cette expérience vient renforcer celles du docteur Raoult qui donnent à peu près les mêmes résultats.
Nous ne pouvons pas nous prononcer sur la véracité scientifique de ces études, mais nous pouvons nous réjouir que des solutions, même provisoires, soient trouvées, et que la recherche travaille ardemment à trouver un remède à ce mal, en attendant le vaccin, qui ne devrait pas arriver tout de suite.
Et cela nous rappelle, si nécessaire, combien la nature nous est indispensable, et combien les arbres, au premier chef, nous apportent de bienfaits et de médicaments.

Un vaccin avec des feuilles de tabac ?

Au sujet du vaccin qu’il faudra que les laboratoires parviennent à développer, nous apprenons que Kentucky BioProcessing, une filiale de British American Tobacco, “utilise des plants de tabac pour développer des antigènes qui servent à déclencher une réaction immunitaire contre le virus”. Aurions-nous imaginé que le tabac puisse venir au secours de malades dont les bronches sont infectées ? Bien davantage qu’une ironie de l’histoire, c’est la preuve que les richesses que la nature met à notre disposition peuvent être employées à bon ou à mauvais escient, et qu’il n’appartient qu’à nous de savoir nous en servir pour un plus grand bien plutôt que pour un plus grand mal.
Dans la nature, rien n’est mauvais en soi, car la nature est, tout simplement, et qu’elle porte les fruits qu’elle doit porter, ce à quoi nous pouvons l’aider, en gérant les forêts par exemple, pour qu’elles expriment tout leur potentiel. On peut aussi bien utiliser les ressources naturelles pour causer du mal à la nature et à nous-mêmes, mais cela est de notre responsabilité.
En l'occurrence, bien que le vaccin ne soit qu'en phase de test pré-clinique, c’est toujours un espoir dont nous pouvons nous satisfaire. Car “si son efficacité se confirmait, BAT affirme être en mesure d'en produire entre 1 et 3 millions de doses par semaine dès le mois de juin, en collaboration "avec les gouvernements et des fabricants tiers"."
Voici comment cela fonctionne : le laboratoire a réussi à cloner un bout de la séquence du Covid-19 qui lui a permis de développer une molécule permettant de créer des anticorps à même de protéger du virus.
Pour pouvoir être exploitée et reproduite, la molécule est injectée dans des feuilles de tabac, ce qui permet au processus de ne prendre que 6 semaines au lieu de plusieurs mois.
Bien que nous ne soyons sûrs de rien à ce stade, ce sont autant d’espoirs qui nous font avancer. Et de prouesses réalisées grâce à la richesse de la nature et à la beauté de sa diversité.
Plus que jamais, nous devons prendre conscience de tout ce que les écosystèmes terrestre et marin nous apportent, et combien nous devons les protéger.