25 juil. 2023

Quelle méthode utilisons-nous pour réaliser un inventaire d’amphibiens ?

Pour préserver la biodiversité de nos forêts, nous réhabilitons les mares en dressant l’inventaire des espèces présentes et prenant une série de mesures.

Esther Bélier
Esther BélierChargée de relation clients
Quelle méthode utilisons-nous pour réaliser un inventaire d’amphibiens ?

Pour protéger et améliorer la biodiversité dans nos forêts et sur les terrains que nous avons acquis, il faut commencer par observer celle qui est présente. C’est tout l’enjeu des inventaires faunistiques et floristiques que réalise notre équipe en charge de la biodiversité. Ce n’est qu’une fois les inventaires de populations de mammifères, d’odonates, d’oiseaux, d’amphibiens, de flore… réalisés qu’il est possible de mettre en place un plan de sauvegarde des populations inféodées au milieu. Nos actions peuvent permettre à des populations de se réinstaller librement mais nous ne faisons pas de réintroduction.
Pour expliquer concrètement comment nous procédons, nous prendrons ici le cas pratique d’un inventaire d’amphibiens réalisé dans la forêt de Préaux par l’équipe chargée de la biodiversité chez EcoTree.

Identification des mares et premières observations

Nous voici à PréauxLouise Bouchardy, ingénieure en biodiversité et responsable du pôle biodiversité d’EcoTree, dresse l’inventaire des amphibiens présents. Elle a identifié deux mares sur le site avec les éléments cartographiques dont elle dispose. 
Louise effectue un premier passage de jour afin d’observer l’état des mares. Elle en profite pour étudier la végétation présente, laquelle lui donnera des indications sur les espèces potentielles. 

Etude de la première mare à Préaux

Louise effectue un premier passage de jour

Louise note que la première mare est en eau. Peu encaissée et peu profonde sinon dans une petite zone, elle abrite quelques joncs dans sa partie la plus humide. Quelques espèces hélophytes (plantes des marais) y sont également relevées et elle note que le pourtour de la mare est bien dégagé. 
Compte tenu de ces informations, les espèces qui pourraient être présentes dans la mare sont : le Crapaud calamite, le Triton crêté, le Triton ponctué, l’Alyte accoucheur, le Sonneur à ventre jaune, la Grenouille agile, la Grenouille rousse, le Crapaud commun, le Triton alpestre, le Triton palmé, la Salamandre tachetée.

Louise effectue un deuxième passage de nuit

Le deuxième passage doit être effectué de nuit pour observer la vie qui s’agite dans la mare et alentour et identifier les espèces réellement présentes. Notre ingénieure se rapproche donc doucement du point d’eau en écoutant pendant 5 minutes tous les chants et bruits d’amphibiens possibles. Cette écoute peut être renouvelée si nécessaire. Dans un deuxième temps, elle se rapproche de la mare avec une lampe frontale pour voir ce qu’elle a entendu et aussi percevoir les amphibiens silencieux : tritons et salamandres. Louise procède ainsi au relevé de toutes les espèces vues et entendues à proximité du site. Savoir lesquelles sont potentiellement présentes l’aide à les reconnaître. Elle fait un tour complet de la mare et observe patiemment, sachant que le triton a 5 minutes d’apnée au maximum. 
Au bout du compte, le relevé naturaliste de Louise atteste la présence des amphibiens suivants : Pelophylax sp. (communément appelé grenouille verte), Triton palmé, Triton crêté femelle, Triton ponctué. Louise a également relevé la présence de nombreux têtards et larves, sans doute de Pelophylax sp..

Préconisations pour préserver les amphibiens

Louise préconise pour cette mare des suivis réguliers et plusieurs passages dans l’année, entre février et juillet pour s’assurer que les populations présentes se portent bien et éventuellement en découvrir d’autres. Malgré les protocoles mis en place, et même lorsque les conditions météorologiques semblent favorables, ce n’est pas parce que certaines espèces n’ont pas été vues ou entendues qu’elles ne sont pas présentes. 
Cette première mare de la forêt de Préaux vient d’être restaurée par nos soins.

Triton photogaphié dans la première mare

 

Etude de la deuxième mare à Préaux

Louise effectue un premier passage de jour

La deuxième mare de Préaux a été créée par EcoTree en octobre 2022. Lorsqu’elle effectue son premier passage en mai 2023, Louise note que la mare est en eau, qu’il y a environ 60 cm de fond, en dépit de la sécheresse de l’hiver 2023. C’est une bonne nouvelle ! De nombreuses orties bordent la mare qui est presque complètement recouverte de vase, ce qui est un paramètre à surveiller. 
Pour cette mare, les espèces potentiellement présentes sont le Crapaud calamite, le Triton crêté, le Triton ponctué, l’Alyte accoucheur, le Sonneur à ventre jaune, la Grenouille agile, la Grenouille rousse, le Crapaud commun, le Triton alpestre, le Triton palmé, la Salamandre tachetée. 

Louise effectue un deuxième passage de nuit

Le passage d’observation de nuit, qui est réalisé suivant le même protocole que pour la première mare, permet à Louise de relever la présence de la grenouille verte (Pelophylax sp.) ainsi que du Sonneur à ventre jaune, entendu à proximité, ce qui est une bonne chose car cet amphibien est une espèce protégée, que l’UICN a placée sur la liste rouge des espèces menacées en France

Louise et Lucia à l'écoute des amphibiens

 

Préconisations pour préserver les amphibiens

Que faire pour préserver cette espèce menacée et éventuellement en accueillir d’autres, se demande alors notre ingénieure en biodiversité ? Elle préconise d’abord des suivis réguliers, comme dans le cas de la première mare, mais également une fauche tardive des plantes qui entourent la mare, produit de la fauche qui sera destiné à recouvrir les alentours de la zone humide afin d’en appauvrir le milieu. De fait, la présence d'orties témoigne d'une richesse en azote. Le fait de faucher et d’exporter les orties doit permettre à la banque de graines présentes dans le sol de s'exprimer, ce qui favoriserait une diversité d'espèces botaniques plus importante. Cela aura notamment un effet sur le cortège phytosociologique du pourtour de la mare et donc des habitats pour les odonates ou de la végétation nécessaire à la ponte des tritons. 
Enfin, les algues recouvrant les trois quarts de la surface de la mare sont à surveiller. 

Compte-tenu de toutes ces informations, les actions préconisées seront mises en œuvre et nos partenaires sollicités pour permettre un financement pérenne de ces travaux. 
 

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