L’économie française en transition écologique ?

Les ministres Bruno Le Maire et Elisabeth Borne veulent mettre en oeuvre l’indispensable transition écologique post-confinement.

Baudouin Vercken

Directeur Général Délégué
L’économie française en transition écologique ?

Nous l’appelons de nos voeux et les ministres Bruno Le Maire et Elisabeth Borne veulent la mettre en oeuvre : la transition écologique est indispensable, post-confinement. Parce que nous ne souhaitons pas que les émissions de gaz à effet de serre repartent à la hausse après la pandémie de Covid-19 qui a au moins permis de faire reculer le jour du dépassement et de prendre conscience d’une chose : quand notre économie fonctionne au ralenti, nous polluons moins. Il n’est pas question de cesser de vivre et de travailler, mais d’amorcer vraiment cette transition nécessaire.

Accompagner les TPE-PME dans leur transition écologique

Le ministère de la Transition écologique et solidaire a mis en place un plan de 250 millions d'euros pour accompagner les TPE-PME dans leur transition écologique. C’est, avec Bpifrance et l'Ademe, un prêt « vert » et un prêt « économies d'énergie ». C’est aussi une initiative pour créer un réseau d'entreprises à l'image de la French Tech. Le plan gouvernemental doit aider les entreprises à faire les “bons choix” pour entrer dans une transition énergétique, et l’on se félicite que l'État soutienne les petites, moyennes et très-petites entreprises dans le but de développer une économie française orientée vers un développement durable
On pourra se demander si le plan de relance du gouvernement est à la hauteur du défi climatique. On peut toujours vouloir faire plus et critiquer, mais on peut aussi se dire que c’est un premier pas et un signal positif, et qu’en pleine crise économique, l’Etat ne peut pas dilapider plus d'argent qu’il n’en a. C’est pourquoi il revient à chacun de faire des efforts et d’orienter ses choix vers un modèle économique vertueux. 


Freiner le réchauffement climatique

L’objectif de ces aides aux entreprises pour leur permettre d’initier réellement leur transition écologique, qui devront être décuplées dans les dix années à venir, comme l’a affirmé le directeur général de Bpifrance, est de minimiser autant que possible le changement climatique
La France s’est elle-même engagée à atteindre la neutralité carbone en 2050, et le moins qu’on puisse dire est qu’il y a du pain sur la planche. Tant mieux, car cela fera pousser des ailes aux entrepreneurs et de l’imagination aux jeunes générations qui ont à coeur de se dépasser. C’est toute l’économie française qui doit faire sa transition écologique, comme l’a expliqué Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire. 
Alors que nous avons appris cette année que le jour du dépassement (celui après lequel nous puiserons dans les réserves non renouvelables en une année, amoncelant de la dette sur la tête des générations futures) a nettement reculé, nous ne pouvons pas simplement nous en féliciter, mais en tirer les leçons. Si l’an dernier le jour du dépassement était le 29 juillet, il est placé au 22 août 2020, soit trois semaines plus tard. Tant mieux. Mais la dernière fois que nous avons observé un recul significatif, c’était en 2009, soit en pleine crise des subprimes. 
Nous ne pouvons pas espérer une crise tous les dix ans pour faire baisser nos émissions de gaz à effet de serre. Mais nous avons la possibilité d’entrer dans une vraie transition en misant sur les énergies renouvelables, comme le bois, en relançant la filière forêt-bois et en plaçant l’économie au service de l’écologie, non l’inverse. 
C’est ce que nous appelons de nos voeux, en soutenant les initiatives gouvernementales qui vont dans le sens d’une plus grande prise en compte de la réduction de nos émissions de carbone.