22 juin 2026

Crédits nature et crédits carbone : deux leviers complémentaires pour votre stratégie biodiversité

Les crédits nature ne viennent pas annuler ou remplacer les crédits carbone mais entériner le principe de la stratégie de contribution des entreprises.

Crédits nature et crédits carbone : deux leviers complémentaires pour votre stratégie biodiversité

Les entreprises engagées dans une démarche carbone sérieuse découvrent aujourd'hui un nouvel outil : les crédits nature. Voici pourquoi ces deux mécanismes ne sont pas en concurrence, et comment les articuler dans une stratégie de contribution au capital naturel.

Depuis quelques années, les entreprises françaises les plus avancées en matière de stratégie climatique ont intégré les crédits carbone comme un outil de contribution, complémentaire à leurs efforts de réduction d'émissions. Le Label Bas-Carbone, référentiel public français créé en 2018, a progressivement établi ses lettres de noblesse : projets agréés par l'État, suivi rigoureux, unités délivrées après vérification terrain.

Un nouveau mécanisme arrive aujourd'hui dans le champ des possibles : les crédits nature, ou crédits biodiversité. Il ne s'agit pas de remplacer les crédits carbone, ni de les concurrencer mais de répondre à un angle mort que ces derniers ne couvrent pas entièrement : la santé des écosystèmes.

Crédits nature, tout savoir

Deux outils, deux objets distincts

La confusion entre crédits carbone et crédits nature est fréquente, et compréhensible : les deux mécanismes s'appuient sur une logique de certification de bénéfices environnementaux, vendus sous forme d'unités à des entreprises contributrices. Mais ils mesurent des réalités différentes.

Crédits carbone (ex. LBC)

Crédits nature / biodiversité

Ce qui est certifié

Tonnes de CO₂ évitées ou séquestrées

Gains mesurables pour les écosystèmes

Cadre en France

Label Bas-Carbone (depuis 2018)

France Crédits Biodiversité / SNCRR (depuis nov. 2024)

Cadre européen

CRCF (Carbon Removal Certification Framework)

Feuille de route Commission européenne (juillet 2025)

Maturité du marché

Établi, référentiel public consolidé

En construction — premières méthodologies attendues mi-2026

Usage principal

Contribution volontaire ou compensation carbone

Compensation obligatoire (ERC) ou contribution volontaire biodiversité

Acteurs forestiers éligibles

Boisement, reboisement, gestion durable

Restauration écologique, renaturation, conservation

Les crédits carbone répondent à la question : "Quelle quantité de CO₂ cette action permet-elle de séquestrer ou d'éviter ?" Les crédits nature répondent à une autre : "Dans quelle mesure cette action améliore-t-elle la résilience et la richesse des écosystèmes ?" Ces deux questions sont distinctes, même si une même forêt peut nourrir les deux réponses simultanément.

Pourquoi les deux mécanismes se renforcent

Les projets forestiers labellisés Label Bas-Carbone génèrent déjà des co-bénéfices biodiversité documentés : diversification des essences, préservation des sols, création d'habitats favorables à la faune. Ces bénéfices sont aujourd'hui mentionnés dans les rapports de projet, mais ils ne font pas l'objet d'une certification distincte ni d'une valorisation financière séparée.

Ce périmètre est en train de changer. Dans le cadre du CRCF européen (Carbon Removal Certification Framework), des méthodologies intégrant explicitement les bénéfices biodiversité à l'agriculture du carbone sont attendues pour 2026. La forêt s'affirme ainsi comme un actif à double valeur certifiable : carbone d'un côté, nature de l'autre.

Pour les entreprises qui ont déjà investi dans des crédits carbone forestiers, c'est une bonne nouvelle : les projets dans lesquels elles ont contribué sont précisément ceux qui ont le plus de chances de générer, demain, des crédits nature certifiables.

Point clé pour les responsables RSE : les entreprises qui ont déjà structuré une démarche carbone sérieuse (avec un bilan GES, une trajectoire de réduction et une contribution volontaire via des crédits LBC) sont les mieux placées pour intégrer les crédits nature quand le cadre européen sera stabilisé. La courbe d'apprentissage est identique. La relation de confiance avec l'opérateur et la rigueur méthodologique sont transférables.

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Ce que couvrent les crédits nature que les crédits carbone ne couvrent pas

Les crédits carbone mesurent un flux : la quantité de CO₂ eq. capturée ou évitée sur une période donnée. Les crédits nature cherchent à évaluer un état : la qualité d'un écosystème, sa diversité, sa résilience. Cette distinction n'est pas anodine pour les entreprises soumises à la CSRD.

Le règlement européen sur le reporting de durabilité impose désormais aux grandes entreprises de publier des informations sur leur dépendance et leur impact sur la biodiversité (norme ESRS E4). Or, la simple acquisition de crédits carbone, même forestiers, ne suffit pas à documenter une contribution crédible à la biodiversité au sens de cette norme.

Les crédits nature, une fois le cadre méthodologique stabilisé, fourniront précisément ce chaînon manquant : une unité vérifiée, attachée à des bénéfices écosystémiques mesurables, opposable à un tiers et intégrable dans un rapport CSRD.

​​écologue réalisant un inventaire de biodiversité

L'enjeu du "double bénéfice" : une forêt peut générer les deux

La forêt gérée de manière durable est l'un des rares actifs naturels capables de combiner séquestration carbone et restauration de biodiversité dans un même projet. C'est précisément ce que le dispositif France Crédits Biodiversité cherche à formaliser : les actions menées dans des espaces agréés par l'État "permettent de restaurer des écosystèmes dégradés" tout en générant des co-bénéfices carbone documentés.

Pour les entreprises, cela signifie qu'un engagement unique, comme soutenir un projet forestier labellisé, peut potentiellement répondre à deux lignes de leur stratégie de contribution : la décarbonation et la biodiversité. Un levier d'efficacité à ne pas négliger dans un contexte où les équipes RSE gèrent des budgets contraints et des objectifs de reporting de plus en plus granulaires.

Exemple concret : un projet de reboisement certifié Label Bas-Carbone dans la Somme, comme celui soutenu par Pilotes PLV en 2025-2026 pour séquestrer 2047 tonnes de CO₂, génère simultanément une restauration de biodiversité documentée (diversification des essences, création de corridors) qui pourra demain faire l'objet d'une certification crédits nature dès lors que le cadre européen sera opérationnel.

Comment articuler les deux dans votre stratégie

Pour les entreprises qui souhaitent anticiper l'émergence des crédits nature sans attendre la stabilisation complète du cadre européen, plusieurs pistes concrètes :

Documenter les co-bénéfices biodiversité de vos projets carbone actuels : si votre entreprise a déjà soutenu des projets LBC forestiers, demandez à votre opérateur un bilan des indicateurs biodiversité associés. Ces données seront précieuses pour le futur reporting CSRD.

Choisir des projets carbone à co-bénéfices biodiversité documentés : tous les crédits carbone ne se valent pas du point de vue de la biodiversité. Privilégier des projets intégrant une gestion en mélange d'essences, des zones refuges, et un suivi écologique terrain.

Suivre le calendrier réglementaire européen : les premières méthodologies crédits nature sont attendues mi-2026. C'est à ce moment que les entreprises pourront évaluer précisément quels types de projets seront éligibles et à quel coût.

Travailler avec un opérateur déjà positionné sur les deux leviers : la gestion forestière durable, le Label Bas-Carbone et les futurs crédits nature partagent les mêmes exigences de rigueur, de traçabilité et de vérification terrain.

EcoTree : déjà positionné sur les deux tableaux

EcoTree développe et finance des projets forestiers certifiés Label Bas-Carbone depuis plusieurs années, avec une attention particulière aux co-bénéfices biodiversité : gestion en mélange d'essences, diversification des peuplements, intégration dans des mailles écologiques documentées. Nous suivons l'émergence des crédits nature européens avec une attention particulière — car nos forêts ont précisément les caractéristiques qui devraient permettre de générer les deux types de crédits demain.

Le cadre se stabilise. Nous nous y préparons, et nous pouvons vous aider à vous y préparer aussi.
 

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