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14 août 2026

EmpCo : vos allégations forêt et biodiversité méritent mieux qu'une checklist RSE générique

EmpCo entre en application le 27 septembre 2026. Les checklists RSE génériques ne suffisent pas pour vos allégations forêt, biodiversité, carbone. Ce qu'il faut changer.

EmpCo : vos allégations forêt et biodiversité méritent mieux qu'une checklist RSE générique

À partir du 27 septembre 2026, la directive européenne EmpCo (UE 2024/825) encadre les allégations environnementales adressées aux consommateurs. Pour les entreprises engagées sur des programmes forestiers, de biodiversité ou de carbone naturel, les guides RSE génériques passent à côté de trois problèmes spécifiques à ce type d'engagement.

Depuis l'adoption de la directive EmpCo (Empowering Consumers for the Green Transition), de nombreuses checklists de mise en conformité ont circulé. La plupart ont été écrites en pensant à la mode ou aux biens de grande consommation : remplacer « éco-responsable » par un fait précis, arrêter les allégations vagues de recyclabilité, citer une certification.

Ces recommandations ne sont pas fausses. Elles ne sont simplement pas conçues pour vous.

Si votre stratégie RSE s'appuie sur la restauration forestière, la préservation de la biodiversité ou la contribution carbone via des projets naturels, vos allégations portent un risque différent. Elles sont plus difficiles à vérifier rapidement, ce qui les rend faciles à surestimer sans que personne ne s'en aperçoive pendant des années, et beaucoup plus difficiles à défendre une fois qu'un contrôle a lieu.

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Ce que dit réellement EmpCo

EmpCo, formellement la directive (UE) 2024/825, a été adoptée en février 2024 et modifie deux textes existants du droit de la consommation européen : la directive sur les pratiques commerciales déloyales et la directive relative aux droits des consommateurs. Ses règles nationales s'appliquent à partir du 27 septembre 2026 dans l'ensemble des États membres.

En pratique, elle restreint deux choses : formuler une allégation environnementale générique (« éco-responsable », « vert », « durable ») sans preuve claire et vérifiable, et utiliser un label de durabilité qui ne provient pas d'un système de certification reconnu ou d'une autorité publique. L'objectif est d'empêcher les formulations vagues ou tournées vers l'avenir de se substituer à une preuve réellement vérifiée.

Pour les entreprises qui financent des programmes forestiers, de biodiversité ou carbone, cela compte particulièrement : une grande partie du vocabulaire utilisé pour décrire ce type d'engagement, « protégé », « restauré », « neutre en carbone », entre précisément dans la catégorie des allégations génériques qu'EmpCo vise à corriger.

Pourquoi les allégations liées à la nature posent un problème différent

Trois caractéristiques des projets forestiers et de biodiversité rendent les conseils RSE génériques mal adaptés.

1. Le problème de l'horizon temporel

Une allégation sur un emballage recyclable peut être vérifiée aujourd'hui. Un résultat de restauration de biodiversité ne le peut pas : la forêt financée cette année ne montrera de résultats mesurables que dans dix ans, parfois plus. Communiquer au présent sur des résultats qui, par nature, sont encore en cours, est l'une des sources les plus fréquentes d'allégations non étayées.

2. Le problème ex-ante / ex-post

Les crédits carbone forestiers sont fréquemment vendus et communiqués avant que la séquestration qu'ils représentent n'ait réellement eu lieu. Sous EmpCo, la distinction entre « ce carbone sera capté » et « ce carbone a été capté » n'est pas une nuance technique. Elle détermine si l'allégation constitue une projection ou un fait, et chacune exige un niveau de preuve différent.

3. Le problème de la garantie

Un écosystème n'est pas une machine. Un programme forestier peut garantir que certaines pratiques sylvicoles sont appliquées ; il ne peut pas garantir qu'un hectare donné produira un résultat de biodiversité précis, car les systèmes naturels comportent une variabilité qu'un processus industriel n'a pas. Les formulations qui empruntent la certitude d'un processus industriel, « captation carbone garantie », « gains de biodiversité assurés », relèvent exactement du type de dépassement qu'EmpCo cherche à corriger.

Rien de tout cela ne signifie que les allégations liées à la nature sont intrinsèquement plus risquées que d'autres allégations RSE. Cela signifie qu'elles doivent être reformulées en tenant compte de ces trois points de rupture, et non passées au filtre d'une checklist conçue pour un autre secteur.

Cinq changements concrets à apporter

Sur la base de ces trois problèmes, voici les ajustements que nous recommandons à nos partenaires avant le 27 septembre 2026.

À éviterÀ faire
Dire que vous êtes « neutre en carbone » simplement parce que vous avez acheté des crédits ou des arbres.Dire que vous « contribuez à la séquestration carbone », en complément de vos propres efforts de réduction, et indiquer le tonnage précis.
Utiliser des adjectifs non étayés : « éco-responsable », « vert », « durable », employés seuls.Associer tout adjectif environnemental à un fait précis et vérifiable (par exemple « certifié par Bureau Veritas »).
Promettre un objectif futur (« neutralité carbone d'ici à 2030 ») sans plan derrière.Publier le plan de mise en œuvre, les jalons et la vérification indépendante qui accompagnent toute promesse future.
Affirmer être « plus vert » ou « plus durable » que la concurrence.Préciser la base de toute comparaison : ce qui est mesuré, et par rapport à quelle référence.
Créer son propre label ou badge « éco » pour le partenariat.Faire référence directement à la certification sous-jacente (PEFC, FSC, Bureau Veritas, B Corp).

💡 Le point commun aux cinq changements : passer du résultat au mécanisme, de la promesse à la preuve nommée, et du présent de l'indicatif au temps qui correspond réellement à ce qui a eu lieu ou à ce qui est projeté.

Reformuler trois allégations courantes

Contribution carbone

  • Avant : « Nous sommes neutres en carbone grâce à notre investissement forestier. »
  • Pourquoi cela ne passe pas : un processus de séquestration en cours, sur plusieurs années, est présenté comme un fait acquis et achevé.
  • Après : « Nous finançons un programme forestier certifié à [localisation], dont la séquestration projetée est de [X] tonnes de CO2 sur [Y] ans. »

Une contribution carbone n'est pas une compensation et ne doit jamais être présentée comme telle. Elle vient en complément d'une stratégie de réduction et d'évitement des émissions, jamais à sa place.

Plantation d'arbres

  • Avant : « Nous plantons un arbre à chaque achat pour protéger la biodiversité. »
  • Pourquoi cela ne passe pas : cela laisse entendre un bénéfice de biodiversité direct et garanti à partir d'un seul arbre, ce qu'aucun programme forestier ne peut promettre.
  • Après : « Pour chaque achat, nous finançons la plantation d'arbres dans le cadre d'un programme de reboisement certifié à [nom du projet ou localisation], destiné à soutenir la restauration de la biodiversité sur le long terme. »

Soutien à un projet de boisement ou reboisement

  • Avant : « Notre partenariat soutient des forêts protégées et florissantes. »
  • Pourquoi cela ne passe pas : « protégées » et « florissantes » sont des qualificatifs non étayés, sans preuve associée.
  • Après : « Notre partenariat finance une gestion forestière certifiée [nom de la certification], avec un suivi indépendant du couvert forestier et des indicateurs de biodiversité. »

Pourquoi les partenaires EcoTree sont bien placés

Chaque projet, chaque crédit carbone est géolocalisé, traçable et certifié de façon indépendante, par exemple par Bureau Veritas ou le Label Bas Carbone pour les projets de crédits carbone, qu'ils soient menés sur des forêts appartenant à EcoTree ou sur des forêts tierces, ou via PEFC et FSC pour la gestion forestière durable. Cette traçabilité correspond précisément au type de preuve désormais exigé par EmpCo : nous encourageons nos partenaires à l'utiliser directement, en nommant la forêt, le tonnage et l'organisme certificateur, plutôt qu'en décrivant l'impact en termes généraux.

Sur demande, EcoTree peut fournir à ses partenaires le certificat de propriété sous-jacent, le rapport de méthodologie correspondant, ainsi qu'une référence à l'audit Bureau Veritas associé.

Le partenariat entre Start People et EcoTree illustre bien ce que peut donner une communication correctement ancrée. Depuis 2021, Start People a financé la plantation de plus de 34 000 arbres répartis sur cinq forêts (Luthenay en Bourgogne-Franche-Comté, Berné dans le Morbihan, La Chapelle-Saint-Rémy dans la Sarthe, Montplonne dans la Meuse, Peyrat-de-Bellac en Haute-Vienne). Les arbres appartiennent à Start People, EcoTree en assure la gestion forestière durable. Plutôt que de communiquer sur une « forêt protégée » de façon générale, les supports du partenariat nomment chaque forêt, précisent le nombre exact d'arbres plantés par site (6 667 à Peyrat-de-Bellac par exemple) et les essences retenues. C'est exactement le niveau de précision qu'EmpCo demande désormais : un fait vérifiable plutôt qu'un adjectif.

Un point de vigilance à connaître avant de citer un chiffre : il existe deux catégories de données carbone. Les chiffres ex-ante représentent une séquestration future estimée qui n'a pas encore eu lieu ; les chiffres ex-post représentent du CO2 déjà mesuré et vérifié sur le terrain. Toute allégation fondée sur un tonnage futur doit être présentée comme une estimation, et non comme un résultat acquis.

Une checklist avant publication

Avant de publier une allégation liée à un projet forestier, de biodiversité ou de carbone naturel, nous recommandons de vérifier qu'elle :

  1. Ne présente pas comme achevé un résultat encore en cours,
  2. N'implique pas une garantie que la variabilité naturelle rend impossible à tenir,
  3. Ne s'appuie pas sur un qualificatif générique (« florissant », « protégé », « restauré ») sans certification ou donnée nommée derrière,
  4. Resterait exacte si elle était relue dans dix ans, et pas seulement le jour de sa publication.

Si une allégation échoue à l'un de ces points, elle est une candidate à la reformulation, pas nécessairement à la suppression. La grande majorité des engagements liés à la nature sont solidement étayés ; l'écart se situe le plus souvent dans la formulation, pas dans ce qui est réellement fait.

Ce qui ne change pas, et ce qu'il faut vérifier dès maintenant

EmpCo s'applique à toute communication qui atteint des consommateurs au sein de l'UE : site web, packaging, réseaux sociaux, publicité, communiqués de presse susceptibles d'être repris par des médias grand public. Elle ne s'étend pas aux supports strictement B2B (dossiers investisseurs, appels d'offres publics, reporting interne), même si le même niveau de preuve y reste une bonne pratique.

Point important : EmpCo s'applique aux communications déjà en circulation, pas seulement aux nouvelles campagnes. Il n'existe pas de période de transition pour les supports existants. Une allégation publiée avant le 27 septembre 2026 doit tout de même respecter les nouvelles exigences si elle reste visible après cette date.

Aller plus loin

Ces principes s'appliquent à l'ensemble des programmes forestiers, de biodiversité et de carbone naturel. Ancrer correctement vos propres allégations, et choisir le bon niveau de détail selon vos marchés, dépend des certifications et des données dont vous disposez déjà.

Nos équipes accompagnent chaque partenaire dans la relecture de ses supports de communication au regard d'EmpCo, forêt par forêt, projet par projet. Contactez-nous pour organiser cette revue avant le 27 septembre 2026.

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