Connaissez-vous le Parc national de forêts ?

Le 11e parc national français abrite une riche biodiversité dans de vastes forêts de feuillus, sur le Plateau de Langres, où prennent source de nombreuses rivières.

Charlotte Olagne

Responsable de la Communication B2C
Connaissez-vous le Parc national de forêts ?

Onzième parc national français, le Parc national de forêts est peut-être le moins connu. Et pourtant, il mérite une attention toute particulière. D’abord parce qu’il est, en un demi-siècle, le premier parc national de France à se trouver au nord de la Loire. Ensuite, parce qu’il abrite des écosystèmes communs et représentatifs de la France profonde : de vastes forêts de feuillus, des zones humides, une faune devenue rare mais qui pourrait être plus présente sur notre territoire si nous y étions plus attentifs. Partons à sa découverte !

Parc national de forêts : le dernier parc national de France

Onzième et dernier parc national créé en France, le Parc national de forêts aura vu le jour au terme de dix années de pourparlers, de négociations et de compromis avec les communes concernées et leurs habitants. Nous sommes en effet tous heureux d’apprendre l’existence de parcs nationaux où la nature sauvage est protégée, il n’est pas dit pour autant que nous serions satisfaits d’y vivre et d’en accepter les contraintes. Car, pour que la nature s’épanouisse dans toute sa richesse et sa diversité, il faut que l’homme s’absente un tant soit peu. 
C’est ainsi que les quelque 28 000 habitants du parc national répartis sur les 107 communes que couvre l’aire optimale d’adhésion sont depuis le 6 novembre 2019 soumis aux règles régissant ce parc, dont l’objectif est de préserver une partie des forêts de Champagne et de Bourgogne. Dans le Parc national de forêts, 3100 hectares de forêts sont ainsi totalement abandonnés à l’action de la nature, tandis que le reste peut être exploité. On peut ainsi espérer y voir vieillir des chênes pendant plus de 800 ans. Tout au moins nos descendants...

Caractéristiques du Parc national de forêts

D’une surface de près de 200 000 hectares, le dernier parc national de France est à cheval sur les régions Grand-Est et Bourgogne-Franche-Comté, sur les départements de la Haute-Marne et de la Côte d’Or. La surface du cœur en est de 56 614 ha et la forêt domaniale d’Arc-Châteauvillain y est une réserve intégrale. 
Alors que seulement 30% des forêts actuelles de France étaient déjà sur pied au moment de la Révolution française, 80% des surfaces forestières du parc l’étaient déjà. Ce sont ces vastes forêts de feuillus, largement peuplées de hêtres et de frênes, où les écosystèmes sont bien préservés, sur un territoire non fragmenté par de grandes infrastructures, qui ont incité le gouvernement de François Fillon à créer ce parc national en 2009, dans le cadre du Grenelle de l’environnement. 
Sur le Plateau de Langres, où se trouvent la source de la Marne, de l’Aube et de la Vingeanne, traversé par la Seine, la Tille, l’Ource, l’Aujon, la Marne et l’Aube, ce parc jouit, au sud-est du Bassin parisien, d’une situation géographique extraordinaire. 
Il permet de préserver les massifs forestiers de Châtillon-sur-Seine, d’Auberive et d’Arc-en-Barrois. 

Quelles sont les particularités du Parc national de forêts ?

Ce qu’il y a d’extraordinaire dans ce parc national, ce sont la faune et la flore qu’il recèle. Outre ses forêts, majoritairement composées de feuillus, représentatives des plateaux calcaires du quart nord-est de la France, qui peuvent compter plus de 15 essences d’arbres à l’hectare, hêtre en tête, il abrite plus de 100 marais tufeux. Ces marais calcicoles de petite surface sont très dispersés et localisés en bas de pente et en fonds de vallons calcaires, là où émergent sources et suintements, à proximité de ruisseaux. Ils constituent un biotope très particulier, peuplé de communautés végétales originales.
Outre cela, le Parc national de forêts abrite des pelouses sèches et des prairies. Ses populations de cerfs, de sangliers et de chevreuils y sont très abondantes, mais on y croise aussi le chat forestier et environ 20% de la population française de cigognes noires. Et encore, de nombreux insectes et papillons rares, des coléoptères, des salamandres et notamment des Chouettes de Tengmalm. Pour ce qui est de la flore, un certain nombre d’orchidées, dont l’étonnant et rare Sabot de Vénus. Mais encore des Lys Martagon, la Nivéole de printemps, des gentianes. 
Au total, le parc est sillonné par 694 km de cours d’eau et jalonné de nombreuses sources et zones humides. Cette forêt, qui témoigne d’un passé ancien, abrite des vestiges archéologiques du néolithique mais rend également compte du travail des moines au Moyen Age. Prieurés et abbayes des cisterciens et de l’ordre des Templiers ne sont pas rares dans ce parc, qui compte sur un tourisme responsable pour faire vivre la biodiversité et protéger les forêts.

Qu’est-ce qu’un parc national ?

Les parcs nationaux de France sont reconnus dans le monde comme des territoires d’exception. Espaces terrestres ou maritimes remarquables, ils sont soumis à un mode de gouvernance et une gestion qui permettent d’en préserver les richesses. Ils sont rattachés à l’Office français de la biodiversité.
Nous comptons à ce jour 11 parcs nationaux qui regroupent près de 8% du territoire français (plus de 5 millions d’hectares), attirant plus de 10 millions de visiteurs par an : la Vanoise et Port-Cros (créés en 1963), les Pyrénées (1967), les Cévennes (1970), les Ecrins (1973), le Mercantour (1979), la Guadeloupe (1989), La Réunion (2007), la Guyane (2007), les Calanques (2012) et le Parc national de forêts (2019).