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Le rêveur de la forêt : des arbres dans l’art

Le rêveur de la forêt : des arbres dans l’art

Le musée Zadkine de Paris expose la forêt des artistes sous un nom si révélateur, Le rêveur de la forêt. Croisant les époques, les médiums et les genres, l’exposition donne une vision passionnante du rapport de l’homme occidental à la forêt à travers les siècles. Fasciné par cette masse vivante et animée, l’homme a tenté tour à tour de civiliser, de soumettre et de protéger la forêt. Il l’a rêvée, chantée, fantasmée et crainte. Autant de voyages que nous propose l’exposition à travers des œuvres tout à fait diverses qui s’interpellent et se répondent dans un silence qu’il ne revient qu’à nous d’écouter. Car les œuvres d’art, comme les arbres, ont un langage qu’il faut apprendre à entendre.

Dans l’imaginaire commun, la forêt est un lieu fascinant, au sens propre, c’est-à-dire attirant et effrayant à la fois. L’Histoire nous l’a enseigné : chaque époque a eu un rapport particulier aux forêts. Pour les hommes du paléolithique, elles étaient un garde-manger et un territoire de chasse ; pour les hommes du néolithique, un espace de nourriture pour les bêtes ; les Romains les ont repoussées pour développer l’agriculture, tandis que les Celtes avaient le culte de certains arbres. Au cours du Moyen Age, les forêts ont gagné du terrain et les légendes s’y sont construites. Puis, les forêts ont été utilisées pour la construction et maltraitées par les guerres et l’industrie. Le romantisme crut y retrouver un paradis vierge de toute civilisation, ce que les œuvres du Douanier Rousseau illustrent avec une ironie délicieuse. Depuis un siècle et demi, elles reprennent de la vigueur et se multiplient mais ne sont pas toujours entretenues et respectées comme il le faudrait. Les œuvres exposées au musée Zadkine racontent tout cela, et bien plus.

La lisière

Comme toute frontière, comme toute limite, celle de la forêt revêt une importance toute particulière. Symboliquement, la lisière est la frontière du monde civilisé, la forêt ayant longtemps été considérée comme un espace d’ensauvagement. Cela est particulièrement palpable dans les contes de Perrault, des frères Grimm, d’Andersen. Franchir la lisière de la forêt, c’est s’aventurer dans un territoire où les ogres se partagent la cruauté avec les loups. Dans les contes du Graal, la forêt est davantage un lieu où l’on se perd mais où l’on se trouve aussi ; où l’on peut devenir fou mais aussi se purifier et devenir un homme. Derain, Picasso, Zadkine, Gauguin, Giacometti ont exprimé cela à leur manière. Mais aussi des artistes plus contemporains - Ariane Michel, Estefania Peñafiel Loaiza – qui nous montrent par leur art combien il est important de maintenir ou de restaurer les points de passage entre la civilisation et la forêt. Car maintenir une frontière est aussi marquer son respect pour ce qui se trouve au-delà.

Genèse

Chez Séraphine de Senlis, la forêt est la matrice du vivant, de la création – originelle et perpétuelle. Ce qui, d’un point de vue biologique, est à la fois juste et faux car si les arbres ont largement préexisté aux hommes, nombre d’entre eux vivent loin des arbres et nous savons que le continent européen était bien moins « chevelu » à l’époque préhistorique et dans l’Antiquité qu’il l’est aujourd’hui. Mais la forêt est le lieu de la plus riche biodiversité terrestre. La Genèse se déroule dans un jardin entouré d’arbres et la condamnation de l’homme et de la femme est d’en sortir pour aller travailler la terre de leurs mains.

La forêt est encore un lieu complexe, où le dualisme s’éteint. Où le merveilleux le mêle au rationnel. Où la jungle nous perd et nous étouffe. Où les plus belles espèces d’animaux s’égayent. Laure Prouvost, Javier Pérez, le Douanier Rousseau le mettent joliment en jeu.

Bois sacré, bois dormant

La troisième partie de l’exposition est ainsi consacrée aux légendes, aux contes et aux croyances que la forêt a inspirés. Zadkine le premier, a sculpté des personnages mythiques et légendaires, cette immense statue-colonne qu’est Daphné, notamment. Mais Joseph Beuys et Auguste Rodin ne sont pas en reste et l’on peut penser à ce qui se noue en l’homme au cours de ses rêves, à ces mondes oniriques qui en découlent. Les bestiaires doivent beaucoup à l’imaginaire de la forêt et Apollinaire l’illustre parfaitement, avec son bestiaire mais aussi son Enchanteur pourrissant.

Enfin, l’artiste contemporaine Eva Jospin évoque le « bois dormant » des rêves et des peurs ancestrales, dans sa Forêt noire. Soit la forêt inconsciente que nous portons en nous et qui nous est, la plupart du temps, inaccessible. Car aussi civilisés que nous soyons, nous portons tous en nous un sauvage endormi.

 

Exposition Le rêveur de la forêt, Musée Zadkine, Paris, jusqu’au 23 février 2020

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