Quels sont les arbres à poison ?

Certains arbres sont si toxiques qu'il est dangereux de s'en approcher. Heureusement, ils sont assez rares et poussent surtout sous les tropiques.

Baudouin Vercken

Directeur Général Délégué
Quels sont les arbres à poison ?
Cytise faux ébénier

On en compte très peu en France, mais il existe dans le monde plusieurs variétés d’arbres à poison. Très dangereux, parfois mortels, ces arbres très étonnants ont développé des systèmes de défense hors du commun que la science n’a pas encore tout à fait percés. Petit tour d’horizon des arbres les plus dangereux au monde.

Le Cytise faux ébénier : attention toxique !

Laburnum anagyroides, que l’on appelle Cytise à grappes ou Cytise faux ébénier, en raison de la dureté de son bois (comme celui de l’ébène) est un petit arbre à feuilles caduques de la famille des Fabacées, que l’on trouve naturellement dans les régions méditerranéennes et d’Europe centrale.
Principalement utilisé comme plante ornementale dans les parcs et les jardins, cet arbre empoisonne régulièrement des animaux (chevaux, moutons, bovins…), parfois même des hommes. En effet, toutes les parties de cet arbres sont toxiques, voire très toxiques. Ingérer ses fruits peut être mortel. La plante contient des alcaloïdes très puissants qui peuvent même se transmettre à travers une chaîne d’insectes ou d’animaux qui les ont ingérés. L’un de ces alcaloïdes est la cytisine. 

Le Gympie-gympie : qui s’y frotte s’y pique

Pourtant, notre arbre empoisonneur d’Europe fait pâle figure à côté du Gympie-gympie, cet arbre australien qui, lorsqu’on le touche, fait croire à la fois à une électrocution et une brûlure à l’acide. Atroce, la douleur qu’il provoque peut perdurer plusieurs semaines ou plusieurs mois. L’arbre le plus vénéneux du monde appartient à la famille des urticacées, se trouvant donc être un cousin des orties. 
A l’instar d’une araignée ou d’un scorpion, il injecte tout bonnement des peptides neurotoxiques dans l’organisme de celui qui le touche, ou qui ne fait même que le frôler. Dans les forêts de l’est du continent australien, six espèces du genre Dendrocnide (ou arbres orties) existent, mais Dendrocnide moroides, que l’on surnomme aussi arbre araignée est la pire. Ses feuilles sont couvertes de poils feutrés qui agissent comme d’innombrables aiguillons hypodermiques. Au moindre contact, ils se détachent de la feuille et pénètrent dans la peau de celui qui s’y est frotté. 
Sans ménagement, l’arbre tue ainsi toute sorte d’animaux sauvages et domestiques, il lui est même arrivé de pousser certains humains au suicide, paraît-il. Les poils urticants qu’il plante dans la chair peuvent rester six mois et réactiver la douleur quand ils sont lavés à l’eau froide ou chaude, ou frottés. Même mort, il continue de blesser plus d’un siècle après !

Le Mancenillier : l’arbre de la mort

Hippomane mancinella a plusieurs surnoms. Gentiment appelé “pomme de plage” ou “poison goyave”, la langue espagnole lui a pourtant attribué un épithète plus radical : l’arbre de la mort. Dans le Guinness des records, le Mancenillier est désigné comme l’arbre le plus dangereux du monde. 
Originaire des régions tropicales du sud de l’Amérique du Nord, de l’Amérique centrale, des Caraïbes et du nord de l’Amérique du Sud, toutes ses parties sont extrêmement toxiques et « l’interaction et l’ingestion d’une partie quelconque de cet arbre peuvent être mortelles », note l’Institut des sciences de l’alimentation et de l’agriculture de la Floride.
Bordant plages et mangroves des Antilles et d’Amérique centrale et du sud, il a la réputation d’avoir rendu des chevaux fous de douleur. Ses fruits verts sont appétissants et intoxiquent plusieurs personnes chaque année. Même à son pire ennemi, on ne souhaiterait pas de croquer dans ce fruit défendu qui vaut des lésions labiales érosives, une irritation de l’oropharynx, d’atroces douleurs abdominales et leur cortège de vomissements et de diarrhées. Il n’est pas rare de recourir à la trachéotomie pour soigner ceux qui ont croqué dans ce fruit qui ressemble à une petite pomme verte. 
Le pire est qu’il n’est même pas possible de s’abriter sous un tel arbre car l’eau de pluie en fait couler la sève qui est elle-même toxique. Ce “figuier vénéneux”, encore surnommé “pomme zombi” était bien connu des Indiens caraïbes qui empoisonnaient leurs flèches en enduisant la pointe de son suc. Les feuilles elles-mêmes, seulement coupées, peuvent empoisonner l’eau. 

Arbre bombardier : le pet du diable

Hura crepitans est originaire des forêts humides d’Amérique. Lui aussi a servi à la fabrication de flèches empoisonnées. Certains l’ont même longtemps employé pour pêcher, puisque seules quelques gouttes de son suc suffisent à paralyser momentanément les proies. 
Hérissé d’épines aux sucs vénéneux, il empêche tout singe de s’en approcher et l’ingestion de ses graines est extrêmement toxique, pouvant mener à la tachycardie, provoquer des troubles de la vision, une confusion mentale, des convulsions et finalement la mort. Avec un comportement si déplorable, il n’est pas étonnant que nul ne veuille se charger de disséminer ses graines. Qu’à cela ne tienne, l’arbre bombardier fait lui-même exploser ses fruits lorsqu’ils sont à maturité, avec une telle violence qu’il projette ses graines à 50 km/h jusqu’à près de 20 mètres. De quoi mériter amplement son surnom de “pet du diable”.

Vous savez maintenant en compagnie de quels arbres il n’est pas souhaitable de se trouver, sauf à vouloir tenter des expériences difficiles. Heureusement, nous ne croisons pas ces arbres tous les jours, du moins sur notre vieux continent.