Loup en France, cet animal sauvage qui excite les passions

En France, la présence des loups est attestée depuis 1992 et la population augmente à mesure que s’étend la superficie forestière.

Loup en France, cet animal sauvage qui excite les passions

Si le loup est capable d’adapter son comportement et son régime alimentaire pour vivre dans des espaces géographiques très différents, sa population augmente lorsque les forêts s’étendent. Depuis que la présence de loups est attestée sur le territoire français au début des années 1990, il cristallise de nouveau les passions. Ni ange ni démon, le loup est un animal sauvage qu’il est temps d’appréhender par-delà bien et mal.

Le loup se répand grâce aux forêts

Bien qu’il soit considéré comme une espèce plastique, capable de s’adapter à tous les biotopes, du fait de la diversité potentielle de son régime alimentaire, le loup aime particulièrement les forêts, pour la simple et bonne raison qu’elles lui offrent un refuge propice, loin des hommes. Toutefois, à l’instar du cerf, qui est l’un de ses repas préférés, le loup est biologiquement adapté aux espaces ouverts et n’hésite pas à s’installer dans les plaines, comme on peut le voir aujourd’hui en Haute-Marne. 
Mais puisque la forêt offre un refuge au loup et à ses proies, majoritairement composées d’ongulés sauvages, dès lors que la forêt s’étend, les populations de loups se multiplient. 
En France, c’est à la fin du Moyen Age, lorsque la couverture forestière a reconquis le paysage abandonné par des paysans dévastés par les guerres, les famines, et la peste noire que la peur du loup s’est installée et que les populations se sont multipliées. Au XVe siècle, sortant du bois, les loups affamés sont dans les villes. En 1421, ils sont entrés dans Paris, et puis encore en 1423 et en 1438. Le climat s’est dégradé, les grandes épidémies sont de retour, la Guerre de Cent ans sévit, l’Occident connaît une grave crise économique et démographique, comme le montre l’historien Michel Pastoureau.
De là, et jusqu’à la fin du XIXe siècle, le loup terrorise les habitants des campagnes, et demeure très prégnant dans l’imaginaire, au moins jusqu’aux années 1930 au cours desquelles on l’estime totalement exterminé en France. En 1992, si le loup fait sa réapparition en France, d’abord dans le parc national du Mercantour puis bientôt sur un bon quart est du territoire, c’est en raison des mesures de protection mises en place mais aussi de l’extension des forêts. Depuis le début des années 1990, la surface forestière ne fait que croître en France (0,7% par an en moyenne). 

Le loup, entre légendes et Histoire

Si le loup a été l’animal le plus honni du royaume de France pendant des siècles, ce n’est pas à cause de superstitions douteuses et "moyenâgeuses", et sa réhabilitation actuelle, qui le pare de toutes les vertus, n’en est pas moins sujette à caution. 
La “remise en question des sources historiques et du travail des historiens par des avocats trop zélés de la cause animale a quelque chose d’inquiétant”, estime l’historien Michel Pastoureau, auteur de l’ouvrage très documenté, Le Loup. Une histoire culturelle. Pastoureau montre, témoignages historiques à l’appui, que le loup a réellement terrorisé les populations humaines au cours de certaines périodes de l’Histoire. Enragé ou affamé, cet animal sauvage est capable non seulement de décimer des troupeaux mais de s’en prendre aux êtres humains. Il a, au cours des siècles passés, causé de nombreuses morts, et le cas de la Bête du Gévaudan n’est pas isolé. Il n’est pas possible, nous dit l’historien, de refaire l’Histoire et d’appréhender le loup d’hier par notre regard actuel. L’espèce a évolué, ses conditions de vie aussi. Et de la même manière, il n’est pas possible de nier les attaques de troupeaux aujourd’hui ni de faire du loup un irréductible ennemi des animaux domestiques. Une étude publiée sur le site de l’OFB (Office français de la Biodiversité), menée sur neuf meutes de loups des Alpes françaises montre que le régime alimentaire des loups se compose, en moyenne, de 76% d’ongulés sauvages, de 16% d’animaux domestiques et 8% d’autres choses (petites proies, baies, fruits…)
La présence de plus en plus nombreuse du loup en France (environ 530 individus à la sortie de l’hiver 2018-2019, d’après les estimations du réseau loup-lynx) avive les passions. Chasseurs et éleveurs sont en majorité mécontents de ce que le loup prélève une partie de leur gibier et de leurs troupeaux, tandis que certains défenseurs de la cause animale expliquent que le loup n’a jamais été un ennemi de l’homme. Or, le loup demeure cette bête sauvage qui tue pour manger, mais qui tue aussi plus de proies qu’elle n’en a besoin pour se nourrir. C’est également cet animal qui domine la chaîne alimentaire en France, avec l’ours et le lynx, qui sont très peu nombreux, et qui permet de réguler les populations de chevreuils et de sangliers. 
Au cours de l’Histoire, les hommes ont fait du loup tantôt un animal protecteur, tantôt un diable, tantôt un être bête et néfaste, tantôt un chien amélioré qu’il faudrait nécessairement protéger en toutes circonstances. Sachons raison garder et intéressons-nous à ce qu’il est vraiment. 

Caractéristiques biologiques du loup

Si le loup fascine tant, c’est qu’il est un animal aux caractéristiques hors du commun. Loin d’être cet animal dépeint par Buffon dans son Histoire naturelle, “désagréable en tout, la mine basse, l’aspect sauvage, la voix effrayante, l’odeur insupportable, le naturel pervers, les moeurs féroces, [...] odieux, nuisible de son vivant, inutile après sa mort”, il est cette bête qui vit en meutes très hiérarchisées, capable de parcourir des dizaines voire des centaines de kilomètres en une journée, qu’il est très difficile d’apercevoir et dont les moeurs sont essentiellement nocturnes. 
Canis lupus est un mammifère carnivore de la famille des canidés. En France, tous les individus sont issus de la lignée canis lupus italicus qui a été préservée dans les Abruzzes quand une grande partie de l’Europe occidentale a massivement éradiqué ses loups. En Angleterre, Ecosse et Irlande, le loup a totalement disparu entre le XVIe et le XVIIIe siècles. 
L’animal au pelage nuancé du gris au roux a un masque labial clair qui s’étend sur le museau, longe sa partie inférieure et prend fin à la base de son cou. Il a un liseré noir sur l’avant des pattes antérieures, des oreilles courtes, légèrement arrondies, une queue courte pour un canidé, souvent tombante, avec un pinceau noir. 
Il mesure jusqu’à 90 cm à la tête et de 60 à 70 cm au garrot pour un poids de 20 à 40 kg pour un mâle et de 18 à 30 kilos pour une femelle. On comprend que l’animal tué par Jean Chastel en 1767, qui fut considéré comme la Bête du Gévaudan ait impressionné, avec ses quelque 53 kg !
Aujourd’hui, les loups présents en France sont une espèce protégée, dont la population est toutefois régulée et le plafond de prélèvement, variant chaque année, correspond à 17% de l’effectif moyen. Sachant que près de la moitié des louveteaux ne survit pas à sa première année et que la mortalité est de 10 à 20% de la population chaque année, l’expansion n’est pas très rapide, et il y a peu à craindre que le loup attaque des êtres humains.
Il n’en demeure pas moins un animal sauvage, bien différent du chien, et dont le comportement varie en fonction de la situation globale. Préservons une faune sauvage riche dans nos forêts, c’est le meilleur moyen de ne pas subir la peur du loup gris.

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