6 juin 2026

Comment construire une stratégie de décarbonation crédible et défendable en 4 étapes

Bilan carbone, trajectoire SBTi, séquestration LBC : comment construire une stratégie de décarbonation crédible et défendable pour votre entreprise.

Comment construire une stratégie de décarbonation crédible et défendable en 4 étapes

La Stratégie Nationale Bas Carbone fixe le cap : –33 % d'émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2030, –81 % d'ici à 2050. Pour les entreprises, ces objectifs ne sont plus une perspective lointaine : ils structurent déjà les appels d'offres, les reportings extra-financiers et les attentes des investisseurs. Voici comment bâtir une stratégie opérationnelle, rigoureuse et défendable : de la mesure des émissions jusqu'à la séquestration forestière certifiée.

Décarbonation : de l'intention à l'obligation

La décarbonation est entrée dans le champ réglementaire à une vitesse que peu d'entreprises avaient anticipée. La directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive), applicable depuis 2024 aux grandes entreprises et progressivement étendue aux ETI, impose désormais un reporting extra-financier détaillé, incluant les émissions des trois scopes. En parallèle, le référentiel SBTi (Science Based Targets initiative) est devenu la norme de facto pour valider qu'une trajectoire climatique est alignée avec l'Accord de Paris.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : selon le SBTi Monitoring Report, 88 % des entreprises du CAC40 se sont engagées sur des objectifs validés scientifiquement. Les donneurs d'ordre industriels intègrent désormais des critères carbone dans leurs cahiers des charges. Ne pas disposer d'une stratégie formalisée, c'est s'exposer à un risque réputationnel et commercial croissant.

Pour une présentation complète de ce que recouvre la décarbonation (définition, périmètre, scopes 1, 2 et 3) nous vous invitons à consulter notre article de référence : Qu'est-ce que la décarbonation ? Définition, enjeux et stratégie pour les entreprises.

Les 4 étapes d'une stratégie de décarbonation solide

Étape 1 — Mesurer : le bilan carbone, point de départ obligatoire

Aucune stratégie sérieuse ne commence sans une mesure rigoureuse des émissions. Le bilan carbone, réalisé selon le GHG Protocol ou la méthode Bilan Carbone® de l'ADEME, couvre les trois scopes et permet d'identifier les postes les plus émetteurs. En France, les entreprises de plus de 500 salariés (250 dans les régions d'outre-mer) ont d'ailleurs l'obligation légale de réaliser un bilan d'émissions de gaz à effet de serre (BEGES) tous les quatre ans.

C'est sur cette base que tout le reste se construit : sans données fiables, il est impossible de fixer des objectifs crédibles ni de les communiquer sans risquer d'être accusé de greenwashing.

Étape 2 — Réduire : définir une trajectoire alignée avec les référentiels

Une fois les émissions cartographiées, l'entreprise doit définir sa trajectoire de réduction. Trois jalons s'imposent désormais comme standard : 2030 pour les réductions intermédiaires, 2040 pour la consolidation, 2050 pour la neutralité carbone. Le SBTi impose une réduction minimale de 90 % des émissions totales à horizon 2050 (au moins 95 % pour les scopes 1 et 2).

Concrètement, cela passe par l'efficacité énergétique, la décarbonation des approvisionnements, la réduction de l'empreinte logistique et la transformation des procédés industriels. Ces leviers varient selon les secteurs, mais la logique est identique : réduire en priorité, séquestrer en complément.

RéférentielRôlePérimètre
SBTiValider la trajectoire de réduction (alignée 1,5°C)Scopes 1, 2 et 3
SNBCFixer les budgets carbone sectoriels en FranceNational, par secteur
Label Bas Carbone (LBC)Certifier des projets de séquestration en FranceForêts, agriculture, zones humides

Étape 3 — Séquestrer : contribuer à des puits de carbone certifiés

La réduction à la source ne suffit pas à atteindre la neutralité carbone. Les émissions résiduelles, incompressibles à court terme, doivent être neutralisées par des projets de séquestration certifiés. C'est ici que les Solutions fondées sur la Nature (SfN) jouent un rôle décisif.

Un hectare de forêt gérée durablement peut séquestrer plusieurs tonnes de CO₂ par an sur le long terme. Les forêts françaises présentent un avantage supplémentaire : leurs projets peuvent être encadrés par le Label Bas Carbone, référentiel public créé en 2018, qui garantit la traçabilité, l'additionnalité et la vérification des volumes séquestrés. Contrairement aux crédits carbone internationaux, les projets LBC sont localisés, contrôlés et intégrables sans ambiguïté dans un reporting extra-financier.

Au-delà du carbone, les SfN génèrent des co-bénéfices mesurables : préservation de la biodiversité, amélioration de la qualité de l'eau, résilience des bassins versants. Des dimensions qui prennent de plus en plus de poids dans les cadres CSRD et les attentes des parties prenantes.

À retenir : la séquestration forestière n'est pas une alternative à la réduction des émissions. Le SBTi l'indique clairement : les crédits carbone ne compensent pas l'inaction sur les scopes. Ils viennent en complément, sur les émissions résiduelles prouvées.

Étape 4 — Piloter et valoriser : reporting, KPIs et communication RSE

Une stratégie de décarbonation n'a de valeur que si elle est documentée, mesurable et communicable. Cela implique des indicateurs actualisés (tCO₂ évitées, tCO₂ séquestrées, progression par scope), intégrables dans le rapport de durabilité CSRD, mais aussi des éléments de preuve concrets : certificats de séquestration, plans de gestion forestière, rapports de suivi scientifique.

La valorisation auprès des clients, des investisseurs et des collaborateurs est un levier souvent sous-estimé. Les visites de terrain, les données de suivi et les visuels géolocalisés permettent d'incarner l'engagement — et de le rendre crédible.

Pourquoi les forêts françaises sont le maillon stratégique

Les forêts ne sont pas le seul outil de séquestration, mais elles cumulent des avantages que peu d'alternatives offrent simultanément : ancrage local, durée d'engagement (30 ans ou plus), certification publique via le LBC, co-bénéfices biodiversité mesurables et intégrables dans les reporting CSRD et SNBC. Elles constituent une réponse à la fois crédible, traçable et défendable en interne.

C'est précisément ce que propose EcoTree à travers ses solutions de gestion forestière durable : des projets sur mesure, suivis en interne par une équipe de forestiers salariés, certifiés Label Bas Carbone, et assortis de KPIs valorisables dans le reporting extra-financier.

Ce que font déjà des entreprises de secteurs très différents

La décarbonation par les forêts n'est pas réservée aux grandes entreprises du CAC40. Elle concerne des acteurs de toutes tailles, dans des secteurs très variés.

Nestlé France vient d'en fournir une illustration à grande échelle. Le groupe a lancé en France son Programme de Restauration des Forêts, déclinaison nationale de son Global Reforestation Program initié en 2021, en partenariat avec EcoTree. Le programme prévoit la plantation de 900 000 arbres dans quatre régions (Bretagne, Grand Est, Hauts-de-France et Bourgogne-Franche-Comté), la restauration d'environ 750 hectares de paysages forestiers dégradés, et un objectif de séquestration estimé à 165 000 tonnes de CO₂e sur 30 ans, encadré par les méthodologies du Label Bas Carbone. « C'est un engagement de long terme, suivi sur plus de 30 ans, pour contribuer à des écosystèmes forestiers plus robustes, au bénéfice des paysages, de la biodiversité et de la solidité de notre chaîne de valeur », déclare Clotilde Larrose, directrice générale développement durable de Nestlé France. Pour Nestlé, ce programme ne se substitue pas aux actions de réduction directe des émissions : il vient les compléter sur les émissions résiduelles de la chaîne d'approvisionnement.

Start People, leader du travail temporaire, illustre de son côté ce que peut représenter un engagement de durée. Depuis six ans, l'entreprise s'est engagée aux côtés d'EcoTree sur cinq puits de carbone forestiers à travers l'Hexagone — Berné, Montplonne, Peyrat-de-Bellac, Luthenay, La Chapelle-Saint-Remy — pour un total de plus de 34 000 arbres plantés et gérés durablement. Au-delà des chiffres, le partenariat intègre des visites terrain pour les équipes, des ateliers pédagogiques sur la gestion forestière et, dans certains sites, des chantiers d'insertion locale. L'engagement environnemental y devient aussi levier social — ce que la CSRD encourage précisément.

Gatewatcher, spécialiste français de la cybersécurité, a quant à lui choisi de matérialiser sa politique RSE par la plantation de plusieurs centaines d'arbres dans des forêts françaises gérées par EcoTree. Une démarche intégrée dans une approche Green IT plus large (bâtiment HQE, réduction des déplacements, politique de tri) qui montre qu'une ETI du secteur numérique peut articuler réduction d'empreinte opérationnelle et contribution à des puits de carbone locaux.

Bardages des Alpes, entreprise savoyarde spécialisée dans le bois de construction, pousse la logique encore plus loin : en s'approvisionnant en bois local et durable, puis en s'engageant aux côtés d'EcoTree pour replanter des arbres, l'entreprise boucle un cycle vertueux entre filière bois et reforestation — une cohérence sectorielle qui renforce la crédibilité de l'engagement.

Ces quatre exemples partagent une caractéristique commune : l'engagement forestier n'y est pas un supplément d'âme, mais une composante structurée d'une stratégie de décarbonation plus large.

​​Partenariat Nestlé et EcoTree

Ce qu'EcoTree apporte de différent

EcoTree n'est pas un intermédiaire qui revend des crédits carbone standardisés. L'entreprise, certifiée B Corp, gère directement les forêts avec une équipe de forestiers salariés — ce qui garantit la continuité, la traçabilité et la qualité des projets. Chaque partenariat est construit sur mesure, avec des plans de gestion formalisés, des indicateurs de suivi (tCO₂ séquestrées, biodiversité, taux de reprise des plantations) et des certificats intégrables dans les reportings CSRD.

La stratégie de décarbonation complète qu'EcoTree propose aux entreprises repose sur ce triptyque : réduire les émissions évitables, contribuer à des puits de carbone certifiés LBC, valoriser l'engagement de manière crédible et mesurable.

Construire sa trajectoire : par où commencer ?

La question n'est plus de savoir si votre entreprise doit s'engager dans une stratégie de décarbonation — les signaux réglementaires, de marché et sociétaux sont convergents. La question est de savoir comment le faire avec rigueur, sans s'exposer à des accusations de greenwashing et en produisant des preuves valorisables à chaque étape.

EcoTree accompagne plus de 3 000 entreprises dans cette démarche, de la PME régionale au groupe international. Si vous souhaitez construire votre trajectoire, nos équipes peuvent vous aider à identifier les leviers forestiers les mieux adaptés à votre secteur et à vos objectifs.

Parlons de votre stratégie de décarbonation →

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