Virtual Regatta : EcoTree a engagé 5 bateaux

EcoTree a engagé cinq bateaux dans la course Virtual Regatta, parce que la mer est aussi importante que les forêts, dans un effort d’écologie globale.

Baudouin Vercken

Directeur Général Délégué
Virtual Regatta : EcoTree a engagé 5 bateaux

Le jeu Virtual Regatta, qui permet à chacun de participer virtuellement à des régates en mer, fait beaucoup parler de lui, depuis le départ du Vendée Globe. Parce que l’écologie est une préoccupation globale, EcoTree, dont le cœur bat en Bretagne, se tourne aussi vers la mer. C’est ainsi que cinq bateaux sont engagés dans la course virtuelle, pour suivre les amoureux des océans. Benoît Moreau, qui navigue en tête des cinq concurrents d’EcoTree, nous présente la course.

Benoît, peux-tu nous présenter Virtual Regatta ?

C’est un jeu en ligne qui est conçu sur des bases réelles et qui permet de participer virtuellement à une régate. En l’occurrence, il s’agit de la course du Vendée Globe. Le principe est simple : tu conduis un bateau qui a les mêmes caractéristiques que les vrais bateaux, qui avance à la même vitesse et qui subit les mêmes influences météorologiques. Les vents sont reproduits en temps réel, donc il faut router son bateau en fonction des prévisions réelles, l’objectif étant d’arriver le premier, et sachant que la route la plus rapide n’est pas forcément la plus courte. En général, ceux qui sont bien classés sont ceux qui ont des connaissances en météo, tout au moins qui s’y intéressent et savent où trouver les bonnes informations.  

Virtual Regatta est un jeu qui prend du temps ?

Cela dépend des moments. Nous avons passé l’équateur et étions dans les alizés, les vents étant constants, jusqu’à la fin de la semaine dernière, mais depuis ce week-end, nous arrivons dans l’anticyclone de Sainte-Hélène qu’il faut contourner, avec un passage de front un peu compliqué. Il faut perdre le moins de temps possible, faire le moins de route possible et pourtant aller chercher le vent en partant plus au Sud, donc cela prend plus de temps. Les analyses sont moins évidentes, et il y avait une part de pile ou face, notamment parce que les prévisions météorologiques n’étaient pas stables. Des choix ont été faits, certains vont y gagner, d’autres y perdre, sachant que la météo n’est pas une science exacte. 
Tant que cela prend du temps dans la journée, ça va, parce qu’il est possible de s’organiser en fonction de son programme, mais quand cela prend du temps la nuit, c’est plus contraignant. Ceux qui ne participent que la moitié du temps n’ont aucune chance de finir dans les premiers. Il faut être totalement investi. 

Quand a commencé la course et pour combien de temps ?

La course a commencé le 2 novembre, je ne peux pas encore dire quand j’arriverai, mais il faut compter environ trois mois. En ce moment, nous sommes au large du Brésil, nous continuons de descendre jusqu’au Cap de Bonne-Espérance, puis il faudra traverser l’océan indien et l’océan pacifique qui est immense, avant de remonter l’Atlantique. Il reste beaucoup de route. 

Quel est ton classement actuellement ?

J’ai un peu perdu en choisissant une route plus longue qui m’éloigne du Cap de Bonne-Espérance, mais c’est pour mieux revenir en récupérant des vents porteurs. Je suis tout de même dans les trois et quelques mille premiers sur huit cent mille participants. 

C’est un beau classement pour cette course !

C’est pas mal, mais l’objectif est d’être premier. Tout au moins dans le top 100. C’est ma troisième participation à cette course virtuelle. Avec mon frère, nous sommes des mordus de météo, c’est d’ailleurs son métier. Il est routeur professionnel pour des navigateurs. Mais je suis quand même devant lui, ce qui le fait enrager. 

Tu pratiques la voile réelle sinon ?

Je n’ai pas de voilier, mais je sors en mer régulièrement sur un catamaran avec mes enfants. Comme tous les Bretons, je navigue un peu, et la mer est ma patrie. Toutefois, je ne serais pas capable de faire cette course en réel. 

Tu n’es pas le seul d’EcoTree à participer à la Virtual Regatta ?

Non, nous sommes cinq dans la course. Mon bateau s’appelle ecotree.green ; Erwan participe sur ecotree.fr ; Vianney Passot est sur EcoTree ; Vincent est sur EcoTree for the future et Pierre-François est sur EcoSea. Mais pour l’instant, ils sont largement derrière, PF est un peu à la rue et je ne vois pas Erwan revenir ! 
Le but est tout de même d’être bien placé pour donner une visibilité à EcoTree. Notre identité est bretonne et nous sommes proches de la mer, même si, à ce jour, nous nous occupons des forêts. Ici, à Brest, nous faisons partie de la West Team, créée par Ewan Lebourdais. Nous sommes conscients des véritables enjeux écologiques liés aux océans. Il y a longtemps que l’on s’interroge sur la façon de rapprocher EcoTree de la mer parce que la nature représente tous les éléments et que l’on ne peut dissocier notre travail en faveur de l’environnement dans les forêts de l’élément maritime. 
Nous avions déjà réfléchi à la possibilité d’accompagner des navigateurs, mais pas sur le Vendée Globe parce que c’est bien au-dessus de nos moyens financiers, mais nous aimerions sponsoriser des navigateurs quand il sera temps. Plusieurs nous ont déjà approchés en ce sens. 
Sur le port de Brest, nous sommes très proches du navigateur Eric Defer, qui, en navigant, effectue des recherches sur le plancton, lequel est le premier puits de carbone, qu’il faut absolument préserver. 
C’est catastrophique, tout ce que les navigateurs rencontrent sur les océans. Deux participants du Vendée Globe ont déjà tapé des Objets Flottants Non Identifiés. Ils ne cessent de ramasser des déchets. N’importe quelle personne qui prend la mer, que ce soit le long des côtes ou au large, se rend compte que la mer est devenue une poubelle. Les gens de mon entourage proche qui naviguent me disent combien cela a changé depuis leur enfance. C’est inouï. Nous retrouvons sur nos plages de plus en plus de dauphins ou de phoques échoués, qui se sont étouffés avec des sacs plastiques. C’est très inquiétant !